LA FAMILLE DARWIN
Charles Darwin, depuis sa dix-neuvième année jusqu'à l'époque de sa mort, et que relie un commentaire perpétuel de F. Darwin, commentaire consistant soit en explications que les lettres ne fournissent point, soit en extraits de missives qu'il a paru inutile de citer in extenso.
Charles Darwin est né le 12 février 1800, à Shrewsbury, dans une bonne et ancienne famille. Son grand-père, Érasme Darwin (né en 1731, mort en 1802), s'est fait un nom dans les sciences par sa Zoonomie. On trouve dans cet ouvrage des aperçus ingénieux, intéressants et, chose curieuse, le germe de la théorie transformiste, qui a été l'œuvre capitale de Charles Darwin P Le docteur Robert- Waring Darwin, fils d'Érasme, père dç Charles, était un homme fort distingué, sur lequel ce dernier nous a laissé des souvenirs intéressants. C'était un praticien très répandu, fort expert — malgré Thorreur de la vue du sang, qu'il conserva toujours et transmit à son fils — et un homme très perspicace au point de vue psychologique, que sa pénétration et son attitude générale faisaient assez redouter. Robert- Waring Darwin eut six enfants, quatre filles et deux fils : les deux fils furent Érasme junior et Charles. Érasme, pour lequel son frère cadet a toujours conservé une vive et touchante affection, mourut en 1881, un an avant Charles; — il était de santé très débile et vécut inoccupé. Sur
Tenfance de Charles Darwin, les premières pages de Tautobiographie nous fournissent quelques données intéressantes :
« Ma mère mourut en juillet 1817; j'avais un peu plus de huit ans, et il est étrange que je ne puisse rien me rappeler à son sujet, si ce n'est son lit de mort, sa robe de velours noir, et sa table à ouvrage curieusement construite. Dans le printemps de la même année, je fus envoyé comme élève externe à une école de Shrewsbury, où je restai un an. J'ai entendu dire que j'apprenais beaucoup plus lentement que ma plus jeune sœur Catherine, et je crois qu'à divers points de vue j'étais un méchant garçon. A. l'époque où j'allai à cette école, mon goût pour l'histoire naturelle, et plus spécialement pour les collections, était bien développé. J'essayais d'apprendre le nom des plantes, et je collectionnais toute sorte de choses, coquilles, sceaux, timbres, médailles, minéraux.
« Cet amour de la collection, qui fait d'un homme un naturaliste systématique, à moins qu'il n'en fasse un maniaque ou un avare, était très profond en moi et incontestablement inné, aucun de mes frères ou sœurs n'ayant jamais possédé ce goût.
« Un petit fait, durant cette année, s'est fortement gravé dans mon esprit. Il démontrera combien, dès mon jeune âge, j'étais intéressé par la variabilité des plantes.