ÉTUDES MÉDICALES
retiré de l'école, où il ne fait rien de bon, et envoyé à Edimbourg, pour étudier la médecine avec son frère Érasme. Il y reste deux ans; mais, avoue-t-il, il n'y travaille guère, s'étant aperçu à divers signes que son père lui laisserait une fortune suffisante pour vivre, sans avoir besoin de se livrer à l'exercice de la médecine. Celle-ci l'intéresse médiocrement. Il se rappelle avec un frisson rétrospectif certain cours :
« Les leçons de matière médicale du docteur Duncan à huit heures du matin, l'hiver, m'ont laissé de terribles souvenirs. Le docteur X... rendait son cours sur Tanatomie humaine aussi ennuyeux que lui-même, et le sujet me dégoûtait. Gela a été un des grands malheurs de ma vie que je n'aie pas été astreint à disséquer. J'aurais vite surmonté mon dégoût, et cet exercice eût été d'une valeur inappréciable pour tout mon travail futur. Ceci a été un mal irréparable, ainsi que mon inhabileté à dessiner. y>
Les visites à l'hôpital l'intéressent davantage, mais sont pour lui une source d'émotions désagréables, les opérations surtout, dont certaines lui font fuir l'amphithéâtre et lui ont laissé un souvenir des plus vifs. C'était avant la découverte du chloroforme, et la vue du sang, avec les ci^is des patients, l'impressionnèrent profondément. Cependant, durant ses vacances à Shrewsbury, il s'occupa de méde-
cine, visitant les malades pauvres et conférant avec son père sur le diagnostic à porter et le traitement à prescrire.
Pendant son séjour à Edimbourg, Charles Darwin donne quelque attention aux sciences naturelles et publie son premier travail, une Note (1826) sur les prétendus œufs des Flustres, dont il démontre le caractère larvaire. Il assiste aussi aux séances de la Royal Médical Society; il apprend à empailler; il suit les excursions géologiques. Au cours de ces dernières, il entend de singulières choses, qui le frappent d'autant plus, rétrospectivement, qu'il en a pu mesurer toute Pétrangeté :
« Durant ma seconde année à Edimbourg, je suivis des cours de géologie et de zoologie, mais ils étaient incroyablement ennuyeux; le seul effet qu'ils produisirent sur moi fut que je pris la détermination de ne jamais lire un livre de géologie ou d'étudier cette science. »
Cette antipathie bien naturelle pour la géologie fait un singulier contraste avec la passion qu'il mettra à cultiver cette science quelques années plus tard, lors de son voyage autour du monde.
A cette époque, le jeune Charles Darwin est déjà un chasseur ardent, et cette passion dure plusieurs années, mais elle s'éteint graduellement durant son voyage. C'est pendant une de ses parties de chasse à Maer, chez les Wedgwood, ses parents, que se