ENFOUISSEMENT DES MONUMENTS PAR LES VERS
du globe, à un niveau inférieur, c'est-à-dire dans les vallées, les fleuves et la mer. La dénudation est énorme et le nivellement du globe se produit, pour qui le sait voir sous Tapparente lenteur avec laquelle
Fij?. 6. — Section pratiquée dans la fondation d'une villa romaine à Abinger. — A, terre végétate. — B, terre foncée avec pierres. — C, terre végétale noire. — D, fragments de mortier. — E, terre noire. — F, soussol intact. — G, mosuque. — H, béton. — I, coucbe de nature inconnue. — W, mur enfoncé sous le sol. (D'après Darwin, Vers de ierre^ p. 149.)
il s'opère, avec une rapidité et à un degré extraordinaires. Cette dénudation suppose d'abord une désagrégation des couches superficielles : la pluie, le soleil et la gelée jouent ici un rôle prépondérant. Mais les vers agissent aussi : leurs sécrétions et les
Cm
substances que, par le fait même de la vie, ils abandonnent au sol qu'ils parcourent, agissent chimiquement sur celui-ci, et contribuent, par voie chimique, à en désagréger les parties dures, solides. Us exercent encore une action mécanique, en triturant les parcelles de terre qu'ils avalent constamment. Enfin, en déposant sans cesse à la surface des amas de terre fine, ils favorisent beaucoup la dénudation : séchée par le soleil, cette terre est aisément enlevée par lair, sous forme de poussières, qui sont transportées parfois à d'énormes distances de leur lieu d'origine, par-dessus d'immenses étendues de terre, et jusque dans le milieu des mers ; entraînée par les eaux pluviales, elle arrive aisément, en raison de sa légèreté, jusque dans les torrents et les rivières, qui l'entraînent lentement à la mer. Les vers sont donc des agents chimiques et mécaniques de la désagrégation du sol massif, des roches; ils servent en outre, considérablement, à favoriser le transport du sol désagrégé, au loin, c'est-à-dire, en dernière analyse, toujours à la mer. .
Enfin, le ver de terre est un précieux allié pour l'agriculteur. Labourant sans cesse les champs, les retournant sans désemparer en en mélangeant les éléments d'une façon constante, il favorise certainement la végétation en aérant le sol et en le remuant. D'animal dédaigné, voilà le ver de terre, par la magie du grand naturaliste, devenu un utile auxiliaire