INFLUENCE DE LA LUMIÈRE
dirigée, grâce à un artifice, de façon à baigner toute la plante, sauf le point sensible, aucun phénomène ne se produit.
Ces mouvements des plantes, si délicats, si curieux, et d'une utilité si grande, ont beaucoup frappé l'esprit de Darwin. « Il est impossible, dit -il, de n'être pas frappé par la ressemblance qui existe entre les mouvements que nous venons d'analyser dans les plantes, et beaucoup d'entre les actes inconsciemment exécutés par les animaux inférieurs. » Il y a en effet une adaptation si intelligente qu'elle ne saurait manquer d'étonner, surtout quand on considère la sensibilité et la motilité de la radicule. « Nous croyons, dit l'auteur, qu'il n'y a dans les plantes aucune structure plus remarquable, au moins pour ce qui a rapport à la fonction, que celle de l'extrémité radiculaire. Que cette pointe soit légèrement pressée ou cautérisée, ou coupée, et elle transmettra aux parties voisines une influence qui déterminera leur incurvation vers le côté opposé. Bien plus, l'extrémité pourra distinguer entre un objet un peu plus lourd et un autre un peu plus léger, placés sur ses faces opposées. Si cependant la radicule est pressée par un objet similaire un peu au-dessus de son extrémité, la partie comprimée ne transmettra aucune influence aux parties voisines, et s'inclinera brusquement sur l'objet qui la toucbe. Si l'extrémité de la radicule est exposée dans une
atmosphère un peu plus humide sur une de ses faces que sur l'autre, elle transmettra encore aux parties voisines une influence qui déterminera leur incurvation vers la source d'humidité. Lorsque l'extrémité est exposée à l'influence de la lumière (bien que pour les radicules nous n'ayons eu qu'un seul exemple de ce fait), la partie voisine s'incline pour s'éloigner de la source lumineuse; mais, lorsqu'elle subit l'action de la pesanteur, la même partie s'incurve vers le centre de gravité. Dans tous ces cas, nous pourrons apercevoir clairement le but final ou les avantages des divers mouvements. Deux (ou même plus) des causes excitantes agissent souvent simultanément sur l'extrémité, et l'une d'elles l'emporte sur l'autre, sans aucun doute, suivant l'importance qu'elle a pour là vie de la plante. La marche suivie par la radicule lorsqu'elle pénètre dans le sol doit être déterminée par l'extrémité, et c'est dans ce but qu'elle a acquis ces diverses sortes de sensibilité. Il est à peine exagéré de dire que la pointe radiculaire ainsi douée, et possédant le pouvoir de diriger les parties voisines, agit comme le cerveau d'un animal inférieur : cet organe, en effet, placé à la partie antérieure du corps, reçoit les impressions des organes des sens, et dirige les divers mouvements. »
Et ailleurs : « On a souvent vaguement affirmé que les plantes se distinguent des animaux en ce