‹ Charles DarwinChapitre 66 sur 90 · MOUVEMENTS DU DROSERA · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DU DROSERA

toutefois, dans le deuxième cas, le temps nécessaire pour que l'inflexion totale soit obtenue est plus long, car il faut au tentacule le temps de se replier et d'exciter les glandes centrales, et ce temps peut atteindre une, deux, dix ou vingt heures, surtout s'il s'agit de matières peu ou non alimentaires (charbon, etc.) ou très légères. C'est ainsi qu'ayant placé des parcelles de cendre de charbon sur 4 ten** tacules, Darwin a vu que le transport au centre s'est effectué pour l'un en quatre heures, pour le deuxième en neuf heures, le troisième en vingtquatre heures ; le dernier n'avait, au bout de vingtquatre heures, fait qu'une très petite partie du chemin. Très frappé de l'irritabilité des glandes par des parcelles qui n'avaient qu'un poids insignifiant,' Darwin a voulu mesurer cette irritabilité, en employant des fragments d'un poids infinitésimal, mais bien déterminé, et il a vu que les glandes des filaments sont sensibles à des poids, non seulement de un milligramme, ou d'un demi-milligramme, mais d'un centième, d'un millième, et même de quelques dix-millièmes de milligramme. « N'est-il pas curieux, écrit Darwin à son ami Hooker ', qu'une plante soit beaucoup plus sensible au toucher que n'importe quel nerf dans le corps humain? Cependant, je suis absolument certain qu'il en est ainsi. »

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