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DIGESTION CHEZ LE DROSERA

l'inflexion des tentacules : il suffit que les glandes en absorbent une proportion infinitésimale (un millionième de milligramme d'après Darwin, qui considère que l'ammoniaque des eaux de pluie doit beaucoup servir à Talimentation du Drosera). D'autres substances agissent comme l'ammoniaque, d'autres n'agissent pas; les unes sont toxiques, les autres inoffensives : nous ne saurions entrer ici. dans le détail des nombreuses expériences de Darwin à ce sujet. Signalons pourtant l'action toxique de la strychnine, de la nicotine, de l'acide cyanhydrique. Le fait que les matières alimentaires abandonnées sur les feuilles de Drosera sont imbibées du suc sécrété par les glandes et disparaissent ensuite, en se liquéfiant et en étant absorbées par la plante, a amené Darwin à conclure que les insectes capturés par les Drosera sont digérés par eux et servent à leur nutrition. De là, le nom de plantes carnivores ou insectivores qu'on leur applique, ainsi qu'à quelques autres espèces. Toutes en efiet prennent les insectes en abondance, comme l'ont signalé divers observateurs, et il n'est guère permis de douter que ces insectes ne servent à les nourrir.

Les Drosera ne sont pas les seules plantes carnivores connues. Il y a encore la Dionée ou Trappe de Vénus. La feuille de cette plante est divisée en deux lobes garnis de poils allongés sur le bord, et de filaments courts sur leur surface supérieure, fila-

ments très sensibles, dont le moindre attouchement est suivi du brusque rapprochement des deux4obes qui se juxtaposent de façon à enserrer Tobjet posé sur Tun d'eux. La Dionée sécrète également un suc digestif. Citons aussi l'Aldrovandie, le Drosophyllum, la Pinguicula et TUtriculaire. Nous ne saurions suivre plus loin les très intéressantes recherches de Darvirin sur ce point, mais il nous a paru utile de nous arrêter quelque peu sur la partie qu'il a le plus développée, celle qui concerne le Drosera, pour donner une idée des singuliers faits qu'il lui a été donné de nous révéler.

Les différentes Formes des fleurs.

Nous disions plus haut combien la notion de la sexualité des fleurs avait eu de peine à se faire accepter de la science, et combien elle était de date récente, à l'époque où Darwin faisait ses études à Cambridge. A peine acceptée, cependant, cette notion a subi des modifications profondes, par le fait même des recherches du grand naturaliste qui, aux conceptions simples, a substitué des points de vue très élargis et déconcertants. En réalité, la sexualité des fleurs est bien plus compliquée qu'on ne le croyait depuis Linné. En effet, à considérer les plantes hermaphrodites, d'abord, on — oriy c'est Darwin — constate qu'elles ne sont nullement adaptées d'une façon constante à la fertilisation directe, si

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