SELECTION SEXUELLE
globe, des parents éloignés et dont la parenté n'a plus de noms, mais des parents certainement, — en dehors de ces chapitres, la plus grande partie du volume est consacrée à Texposé de la théorie de la sélection sexuelle, La sélection sexuelle est une forme de la sélection naturelle. Darwin suppose qu'une des raisons qui décident des unions entre animaux est la beauté, romementation des mâles, et que les femelles s'unissent plus volontiers et de préférence aux mâles dont la beauté est plus grande.
Il appuie son hypothèse sur des faits très nombreux et intéressants, et pense que cette sélection sexuelle est pour beaucoup dans l'explication des parures brillantes dont se parent tant d'animaux à l'époque des amours. Il paraît certain, en effet, que les animaux ont bien un certain idéal de beauté, et il est probable que la réalisation, dans une mesure variable d'ailleurs, de cet idéal joue uq rôle dans les unions, mais nous ne saurions ici donner un exposé satisfaisant de la question : force nous est, comme en bien d'autres circonstances, de nous borner à signaler les points importants sans nous y arrêter.
Ceux de nos lecteurs qui voudraient en savoir plus long sur ces points, sans toutefois se résoudre à lire les œuvres originales de Darwin, pourront lire les différents articles que la Revue scientifique a consacrés aux livres de Darwin, à mesure qu'ils ont paru.
Dans les pages qui précèdent, nous avons désiré
surtout mettre en relief Tœuvre spéciale et technique du grand naturaliste, et nous avons principalement insisté sur les travaux zoologiques ou botaniques. Nous avons tenu à montrer en effet que Darwin n'a pas été seulement un théoricien de génie, et un admirable metteur en œuvre de matériaux jusque-là inutilisés et de valeur inconnue, c'est-à-dire nulle; il a été aussi un grand naturaliste, et nous tenons à ce que cela ne soit point oublié. En outré, du moment où Ton ne peut, faute d'espace, accumuler les faits et les raisonnements qui servent de baae à des théories, l'exposé de celles-ci est bien vite fait. Ne pouvant discuter et raisonner utilement les théories de Darwin, nous avons préféré les énoncer tout simplement* Il ne manque pas d'œuvres — et j'en sais d'excellentes parmi celles que nous avons indiquées plus haut — qui mettront le lecteur désireux d'en savoir plus long, au courant non seulement des faits et des théories, mais aussi des discussions qui ont été soulevées parles uns ou les autres. Mais, si l'on considère que l'exposé du darwinisme représente, avec les controverses qu'il a soulevées, le chapitre capital de YHistoire du développement intellectuel au XIX** siècle^ l'on m'excusera de n'avoir point voulu faire plus que d'indiquer le sujet, le sommaire de ce chapitre.