‹ Charles Darwin [microforme]Chapitre 1 sur 29 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans ce petit volume, j'ai essayé de présenter la vicet l’œuvre de Charles Darwin,considérées comme une époque dans une grande révolution, en relation véritable avec la vie et l’œuvre de ceux qui l'ont précédé et suivi. J'ai tenté de faire que mon héros prit naturellement la place qui Jui revenait, dans le vaste mouvement en avant de l'esprit humain, dont il était lui-même un splendide produit et une force motrice de premier ordre. J'ai cherché à le montrer recevant de Lamarck et de Malthus le flambeaude la science, et le passant, répandant une lueur nouvelle, à la nombreuse école des penseurs évolutionistes, pour lesquels son œuvre était un instru-

ment stimulant l'activité la plus neuve et la plus

vi PRÉFACE, vigoureuse dans une multitude de directions diflerentes de la vie mentale ou active.

M. Francis Darwin s'ocecupaut en ce moment d'écrire une vie de son père, je n'aurais pas voulu publier mon petit livre sans son autorisation. Cette autorisation m’a été si franchement, si cordialement donnée, qu'elle a dissipé toute hésitation de ma part; et comme je m'occuperai nécessairement plus de Darwin, comme penseur et comme travailleur, que des détails biographiques de sa vie privée, je suis convaincu que le petit livre ne fera pas de tort au grand, mais qu'il en $era plutôt, jusqu’à un certain point, le supplément et le commentaire.

En faisant avant tout de mon livre une étude de l'action du milieu sur l'organismectréciproquement, j'ai dû nécessairement introduire fréquemment dans mon récit les noms de savants vivants encore, en même temps que quelques-uns des noms de ceux qui, depuis plus où moins longtemps, ne sont plus parmi nous. Pour être bref, j'ai été obligé d’enfreindre les conventions habituelles. J'espère que ceux qui se trouveront ainsi privés des Litres respectueux qui accompagnent ordinairement leurs noms,

voudront bien se souvenir qu'en somme celle ma-

PRLFACE, VIT nière de faire est adoptée honoris causa; ils paient aiusi prématurément le tribut de leur grandeur intellectuelle.

Ce que je dois au professeur Huxley, au professeur Fiske, à M. Herbert Spencer, au professeur Sachs, à Hermann Müller, au D' Krause, à Charles Darwin lui-même, et à tant d’autres historiens ou critiques de l’évolutionisme, tout lecteur instruit le distinguera à première vue; je l'ai d’ailleurs indiqué le plus souvent dans le texte. Il aurait été absurde de surcharger un livre aussi résumé, et écrit pour tous, de références et de citations. J'espère donc que tout autre auteur envers lequel j’aurais, par inadvertance, oublié de confesser mes obligatious, voudra bien se montrer satisfait de cet aveu général. Il y à cependant trois personnes surtout auxquelles j'ai emprunté tant de faits et d'idées, que je leur dois des remerciements particuliers. Dans le beau travail de M. Woodall sur Charles Darwin, publié dans les Transactions of the Shropshire Archæological Society, j'ai pris bien des informations intéressantes sur les ancêtres immédiats de mon héros et sur ses premières années. M.Samuel Butler, l’auteur

de Evolution old and new, m'a suggéré bien des idées

vi PRÉFACE.

fécondes sur Buffon, Erasme Darwin et les évoluliouistes primitifs, essentiellement téléologues; ce que je suis d'autant plus désireux de reconnaître que je me sépare complètement de M. Butler lorsqu'il estime la valeur de la découverte de la sélection naturelle,découvertedistinctivedeCharles Darwin.Enfin je dois à M. Bates, le Naturaliste sur l'Amazone, plusieurs renseignements de valeur sur l’œuvre générale de l'esprit évolutioniste pré-darwiniste.

Dans un livre traitant d’un mouvement contemporain si important, dont l'histoire n’a jamais été écrite de suite et d’une facon complète, ou soumise dans son eusemble aux recherches de Ia critique, il doit s'être glissé bien des erreurs de détail bien difliciles à éviter dans de telles circonstances. J'ai essayé de les réduire au minimum possible. Je demande pour celles qui m'ont échappé la bienveillante in-

dulgence de mes lecteurs.

CHARLES DARVWIN

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