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Serviteur de Dieu, à défaut de cercueil. Ces planches provenaient de la porte de l'ermitage, devant lequel fut massacré Charles de Foucauld. Dès que ces planches furent enlevées, le corps du Serviteur de Dieu apparut, pressé de tous côtés par de la terre qu’il fallait retirer à la main.
Il ne présentait plus l’état de conservation signalé lors de la première reconnaissance, qui avait eu lieu au 18 avril 1727.
Momifié encore dans certaines parties, notamment dans la tête et le tronc, les extrémités des membres se détachèrent d’elles-mêmes. De plus une corruption se manifestait sur le côté gauche, où se trouvait couché en pleine terre le Serviteur de Dieu.
Le suaire qui l’enveloppait était à peu près complètement détruit, et il n’en restait que des lambeaux.
Le corps fut retiré de la tombe et enveloppé dans un nouveau suaire. M. le général Meynier tint à rappeler brièvement le grand exemple laissé à tous par le Serviteur de Dieu, et insista surtout sur la passion qu’il avait de l’humilité et de l’effacement.
Les militaires présents rendirent les honneurs, et le corps fut porté par des sous-officiers dans le bordj, où le P. de Foucauld passa les derniers jours de sa vie.
Là, en présence de Mgr le Préfet Apostolique, on rechercha le cœur du Serviteur de Dieu. L’opération fut facilitée par suite de la rupture du sternum, qui avait été écrasé sous le poids de la terre, laissant libres plusieurs côtes, mais il ne fut possible que de détacher le péricarde se présentant sous l’aspect d’un tissu parcheminé, à l’intérieur duquel le cœur se trouvait réduit en poussière.
Tel quel, le cœur fut placé dans un coffret destiné à rester à Tamanrasset, et devant être déposé dans le monument élevé à la mémoire du général Laperrine.
Le corps fut enseveli dans un double linceul et recouvert d’une soutane blanche, ornée du Cœur de Jésus, selon la forme de l’habit que portait de son vivant le
Serviteur de Dieu. On lui ceignit également la taille d’un rosaire, comme il en portait habituellement à la ceinture.
Ainsi enseveli, il fut placé dans un premier cercueil de bois blanc, et assujetti, pour éviter les chocs de la route, à l’aide des planches qui avaient servi à sa première sépulture.
Le 20 avril, en présence de M. le lieutenant d’Omant commandant le Hoggar, ce premier cercueil fut fermé, après qu’on y eut placé, dans un flacon de verre scellé du sceau du Préfet Apostolique de Ghardaïa, un document relatant ce qui venait d’être fait. Le cercueil, une fois fermé, fut entouré d'une tresse rouge, sur laquelle Mgr le Préfet Apostolique apposa son sceau. Puis il fut entouré d’une feuille de zinc, et placé dans un second cercueil de bois dur portant cette inscription :
Le Père Charles de Jésus, Vicomte de Foucauld, massacré à Tamanrasset, le Ier décembre 1916.
Le 20 avril, le coffret renfermant le cœur du Père de Foucauld fut placé dans le monument du général Laperrine. Ce coffret fut scellé aux armes du Préfet Apostolique et enfermé dans une caisse de bois blanc, à l’intérieur de laquelle un second document, scellé dans un flacon de verre, indique que la clef du coffret se trouve entre les mains du Préfet Apostolique de Ghardaïa, et attachée au présent procès-verbal.
Enfin, le 21 avril à 9 heures, le cercueil fut acheminé par voiture automobile sur El-Goléa.
Fait à Tamanrasset, le 21 avril 1929.
Signé ; G. Nouet, Préfet Apostolique.
A. Constantin, Promoteur de la Foi.
Ornant, chef de l'annexe du Hoggar.