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tion de la cause de béatification de Charles de Foucauld. Cette procédure a commencé à Aîn-Sefra, en mars 1927, c’est-à-dire dix ans après la mort de l’ermite. Elle s'est continuée et se continue, dans tous les diocèses où des renseignements peuvent être recueillis et des témoins entendus. On ne doit aucunement la confondre avec l’information que le Saint-Siège ordonne, au début d'une procédure en vue de béatification, qu’il a jugé bon de permettre. Elle n’est pas encore romaine, et Rome n’en est pas saisie. Elle relève de l'ordinaire, c’est-à-dire, dans le cas présent, du Préfet apostolique du Sahara, Mgr Nouet. C’est sous la direction de celui-ci, et par son ordre, que les premières démarches ont été entreprises.
Une des conséquences de l’ouverture de ce « procès informatif », a été l’exhumation du corps de Charles de Foucauld, transporté de Tamanrasset à El-Goléa, à l’exception du cœur, qu’on a laissé au pays des Touareg, dans le monument élevé à la mémoire du général Laperrine.
Une émotion, — qui peut se comprendre, — a été soulevée par ce transfert du corps de Charles de Foucauld. Une certaine ignorance, un certain respect, moins pieux que romantique, ont inspiré des articles de regret ou de blâme, dans la presse d’Afrique et celle de France. La mesure prise par l’autorité ecclésiastique est justifiée, cependant, par les plus fortes raisons, et que voici :
i° La translation du corps, de Tamanrasset à Aïn- Sefra, permet, /âu Préfet apostolique du Sahara, de faire exercer une surveillance effective sur les restes vénérés de Charles de Foucauld;
2° Elle rend facile et moins coûteux l’accès au tombeau, pour les constatations officielles, qui, au cours d’un procès de béatification, seraient prescrites par Rome;
30 Elle met la tombe dans une région où les chrétiens la peuvent approcher, et, si l'on veut, à la frontière chrétienne du grand pays des cailloux et des sables.
Il importe de connaître de quelle façon eurent lieu la
reconnaissance et le transport des restes mortels de Charles de Foucauld. Et nous publions, presque intégralement, le procès-verbal du 24 avril 1929 ;
Procès-verbal de l’exhumation des restes
DU SERVITEUR DE DlEU CHARLES DE FOUCAULD
En l’année 1929, le 18 avril. Monseigneur Gustave Nouet, Préfet Apostolique de Ghardaïa, se trouvait à Tamanrasset, dans le Hoggar, pour y continuer le procès informatif sur l’héroïcité des vertus du Serviteur de Dieu le Père Charles de Foucauld, et pour l’enquête nécessaire au Procès de son culte. Il avait en outre décidé de faire exhumer les restes du Serviteur de Dieu, dans l’intention de les faire transférer de Tamanrasset à El-Goléa, et de placer ainsi la tombe sous sa surveillance et sa protection. Il présida en personne la cérémonie, assisté du R. P. Antine Constantin, membre du Conseil de la Société des Missionnaires d’Afrique, Pères Blancs, et remplissant les fonctions de Promoteur de la Foi, du R. P. Robert Foca, notaire ecclésiastique, vice-chancelier de la Préfecture de Ghardaïa, du R. P. Charles Joyeux, vice-postulateur de la Cause du P. Charles de Foucauld. Étaient présents, auprès de la tombe du P. de Foucauld, sise à la gauche du monument élevé à la mémoire du général Laperrine : M. le général Meynier, commandant les territoires du Sud, M. le Capitaine Lehuraux, M. le lieutenant d’Ornant, commandant la région du Hoggar, les sous-officiers et les militaires de la garnison de Tamanrasset, Mrs. Catelan, Delaunay, Lothe, et tous les Européens présents à Tamanrasset.
A 3 heures de l'après-midi, des indigènes furent requis pour creuser la tombe. Quand ils eurent retiré, sur une profondeur d’environ un mètre, une terre sèche et sablonneuse, mélangée de cailloux, ils découvrirent les planches, qui avaient primitivement servi à recouvrir le corps du