Lettres de Louis XI, t. II, p
4. Descendant d'une famille bourgeoise de La Rochelle, dont plusieurs membres avaient déjà rempli des fonctions publiques ; Jean d'Oriole, son père fut à plusieurs reprises échevin et maire de cette ville (Bibliothèque municipale de La Rochelle, ms. 353 ; et Archives départementales de la Charente-Inférieure, H 110).
LE COMTE DE CHAROLAIS AtX PORTES DE PARIS 89
sa personne, d'obtenir de lui qu'il se soumette aux exigences de Nemours, des comtes du Maine et d'Armagnac ; déjà même on a fait entre les conjurés la répartition des offices, en réservant les finances à d'Oriole, et l'on escompte les heureux effets de ce petit coup d'État en permettant à des influences nouvelles de s'ingérer dans la conduite des affaires du royaume, et en arrachant au roi les promesses suivantes * : un apanage raisonnable pour son frère, une somme d'argent au comte de Charolâis, une bonne pension et le gouvernement de la Normandie à Dunois, une autre pension et le gouvernement de Picardie et Haute-Normandie au connétable de Saint-Pol, une autre pension encore et le gouvernement de Champagne au duc de Calabre, le gouvernement de Paris et de l'Ile-de-France au duc de Nemours, la charge de connétable au comte d'Armagnac et celle de maréchal au sire de Lohéac, divers avantages enfin au duc de Bourbon. On prévoyait encore un renouvellement du conseil du roi, où entrerait l'évêque de Baveux, et le remplacement du chancelier -. Mais tous ces beaux projets, qui furent connus seulement un peu plus tard, au moment du procès du duc de Nemours, échouèrent complètement. Les confédérés, dans leur déconvenue, n'eurent d'autre ressource que de reprendre les armes. Ils croyaient toutes les dissensions du royaume promptement apaisées ; elles recommencèrent au contraire avec une nouvelle violence.
Dans une course rapide, le comte de Charolâis, accompagné du comte de Saint-Pol, à la tête d'une armée forte (disait-on) de 26000 hommes et d'une grosse artillerie, avait successivement traversé Péronne ^, Montdidier ^^ Pont-Sainte-Maxence ^,
1. Le 30 juin, un accord fut signé entre le duc de Nemours et le comte d'Armagnac avec le roi, celui-ci promettant, avec le pardon, un apanage «raisonnable « pour son frère (Bibliothèque nationale, ms. français 6927, f** 37 ; publ. dans Jean de Reilhac, t. I (1886). pp. 197-198.
2. Journal de Jean de Roye [interpolations de Jean Le Clerc, d'après le procès du duc de Nemours], t. II, pp. 187-189 ; cf. Jean de Reilhac, t. I (1886), pp. 306-310.