INSISTANCE AUPRÈS DU COMTE DE VENDOME
sans troubler ni molester les populations, on annonce à celles-ci une prochaine réduction ou abolition des impôts : méthode invariable pour obtenir leurs faveurs et recevoir un bon accueil. Le seul fait notable à retenir, dans cette parlie du voyage, est le désir que manifeste le duc de Berry de voir le comte de Vendôme * se joindre à lui ^; avant de pénétrer dans ses domaines, il s'empresse de lui envoyer le sire de La Roche et Lohéac, et lui fait parvenir une lettre par laquelle il lui offre 10000 écus comptant et un apanage pour prix de son concours ; ne recevant pas de réponse, il réitère, et, devant cette insistance, le comte de Vendôme déclare qu'il veut rester fidèle au roi : il a d'ailleurs pris des dispositions pour tenter d'arrêter les Bretons dans leur marche, en fortifiant Lavardin ^ en prévenant son châtelain de Mondoubleau menacé, mais il n'a pas été soutenu par le comte du Maine dont il a sollicité l'aide et qui a refusé de défendre Montoire livré au duc de Berry par Jean Du Bellay *. Arrivés devant les portes de la ville, les ligueurs somment les habitants de Vendôme de les laisser entrer : à leur refus, on les menace de saccager la ville et de la mettre à feu et à sang. Devant cette perspective, ils cèdent aussitôt. De Vendôme, le 11, sans plus tarder, le duc de Beriy, agissant toujours sous la direction du duc de Bretagne et de Dunois ^, adresse une nouvelle lettre pressante au comte de Vendôme, le priant de venir le trouver pour qu'il lui soit donné communication des intentions des confédérés ; mais Jean de Bourbon s'excuse de ne pouvoir se rendre au rendez-vous fixé. Las de l'attendre et désespérant de le convaincre, Charles de France
apporter des nouvelles ; pour lequel voyage luy a esté tauxé et ordonné ladite somme. Escriptà Pont Audemer, le XXIX^ jour de juillet l'an mil CGCG soixante cinq. (Signé :) R. Legras ; M. Fortin ; AI. Talion ".