‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 131 sur 598 · REVENDICATIONS DU DUC DE BERRY · texte numérisé non relu

REVENDICATIONS DU DUC DE BERRY

son côté le comte de Charolais réclamait la restitution des villes de Picardie récemment engagées à Louis XI.

En réponse celui-ci offre :

A Charles de France le comté de Champagne, la Brie (excepté les villes de Meaux, Melun et Montereau), le Vermandois, le comté de Guise, Tournai et le Tournesis, avec les aides, les produits des greniers, la moitié de la taille à percevoir dans ce pays ainsi que dans les villes de Reims et de Langres, — mais il reprendra le duché de Berry ; — au comte de Charolais non pas la Picardie, mais les comtés de Boulogne et de Guines avec les châtellenies de Montdidier, Péronne et Roye ^ .

Après une courte délibération, les Etats s'opposèrent à des démembrements aussi considérables du domaine royal ; ils se séparèrent sans rien conclure. D'ailleurs les ligueurs n'étaient pas disposés à accepter les dons royaux, jugés insuffisants.

Cependant la situation respective des deux partis en présence ne se modifiait pas ; elle ne s'améliorait ni pour l'un ni pour l'autre. Même des bruits de trahison circulaient dans Paris. On venait d'apprendre que, le 21 septembre, le capitaine Louis Sorbier, lieutenant des gens d'armes du maréchal Rouault^ avait livré aux Bretons et aux Bourguignons la place de Pontoise ^ ; cela suffisait pour que d'autres événements semblables fussent redoutés ailleurs ^ , et pour que la porte de la Normandie fût ouverte. Les environs de Paris souffraient beaucoup de la présence des troupes cantonnées dans de nombreux

1 . Bibliothèque nationale, ms, français 6972, f« 135 ; Archives nationales, J 257, n-^ 45. — Cf. Bibliothèque nationale, ms. français 15538, f> 293 (extraits des registres perdus du Parlement). Dans son annotation à Tédition de Commines (t. I, p. 79), M. de Mandrot paraît avoir commis ici une légère confusion en prenant les propositions de Louis XI pour les demandes de son frère.

2. Maupoint, Journal, p. 78 ; — Bibliothèque nationale, ms. français 6973, ff. 130 et 135 (déposition de Antoine Regnart, âgé de vingt-neuf ans, originaire de Marray près de Pontlevoy, ancien archer du maréchal Joachim Rouault, qui avait abandonné le service du roi et suivi le parti des ligueurs, et avait dit la veille : « avant qu'il soit demain midy je vous feray estre de la maison de Monsieur Charles frère du roy, car ledit Sorbier et moy luy bailleront ceste ville de Pontoise ))). — Châtelain de La Mure en Dauphiné depuis le 16 octobre 1463, Louis Sorbier fut révoqué de ces fonctions le 26 octobre 1465 (Archives départementales de l'Isère, B 3276, f« 115).

3. Voir, pour Gisors, le Journal de Jean de Roye, t. I, p. 116.

villages ; celles des ligueurs, auxquelles d'ailleurs on avait promis depuis longtemps le pillage en règle de la capitale * , commettaient toutes sortes de vols et de méfaits à Gentilly, à Ivry- , à Vitry^ ; l'armée royale, de son côté, n'était guère plus disciplinée, et les localités de Créteil, de Boissy- Saint-Léger* , de Servon ^ sont signalées comme plus particulièrement éprouvées par le séjour qu'y firent quelques compagnies. Çà et là de petits engagements avaient lieu, qui se terminaient à l'avantage de l'un ou de l'autre camp, sans résultat apparent.

"Néanmoins des négociateurs poursuivaient avec patience et méthode les pourparlers nécessaires à l'établissement d'un modus Vivendi acceptable pour tous et devant mettre fin à cette intolérable situation ; c'était le comte du Maine, c'était le maréchal Rouault ou l'amiral de Montauban, c'était Jean Dauvet, président du parlement de Toulouse, ou Guillaume Cousinof^ . Quelques-uns d'entre eux firent porter à Charles de France, le 27 ou le 28 septembre'', les *' Chartres, titres, registres et papiers des revenus " des comptes de Champagne et de Brie, conservés à la Chambre des comptes, et dont le duc de Berry avait demandé communication pour pouvoir se prononcer utilement et en connaissance de cause sur la valeur des offres que son frère consentait en sa faveur.

Sur ces entrefaites, on apprend à Paris la reddition aux ligueurs de la ville de Rouen ^ . C'était Jeanne du Bec-Crespin,

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