‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 130 sur 598 · Commines, édition de Mandrot, t. I, p · texte numérisé non relu

Commines, édition de Mandrot, t. I, p

2. Journal de Jean Maupoint, p. 75. — Maupoint dit « et la Normandie », mais il semble bien, d'après les nouvelles propositions du 19 septembre, qu'il s'agissait de la Guj'enne « selon son ancienne limitation » ou de la Normandie.

nière trop générale pour être acceptables ; les autres étaient exorbitantes ; Louis XI inclina d'abord à répondre par la négative, puis, à la réflexion, déclara consentir à les étudier si on les lui présentait plus modérées et moins confuses. C'était d'ailleurs un moyen de gagner du temps. Le comte du Maine fut chargé d'aller en informer les confédérés ^ et de leur faire observer que leurs exigences étaient trop « au deshonneur du roy et de son royaulme et à la diminucion de sa prééminance et de son demmaine ».

Plusieurs fois prolongées, les trêves prirent fin sans que la paix fût conclue, sans même que l'on pût entrevoir à quel moment elle pourrait l'être. Aussi, le 19 septembre, les Parisiens ne parurent pas trop surpris d'entendre publier un nouvel appel aux armes (40000 hommes étaient invités à se tenir prêts à toute éventualité) et d'assister à la réédition des escarmouches entre les deux armées, aussi bien vers Bercy que du côté de Gentilly^ , tandis que dans la grand'chambre du Parlement se tenait une assemblée générale des trois Etats, convoqués avec les conseillers au Parlement, les conseillers à la Chambre des Comptes et les membres du Grand Conseil, pour entendre la lecture des propositions officielles des ligueurs et les contrepropositions royales. Le chancelier Pierre de Morvillier prit la parole et dit : 1° qu'en échange de la Normandie que le roi n'acceptait pas de donner en apanage à son frère, — cette aliénation lui étant complètement interdite par la décision du roi Jean prise lorsque cette province fut réunie à la couronne en 1361, — Charles de France demandait en partage le Vermandois, la Champagne, la Brie et le Gàtinais, tout en conservant le duché de Berry, avec tous les profits du domaine, les aides, les tailles, les produits des greniers à sel et autres recettes variées, et le droit d'avoir des gens d'armes à sa solde ; 2° que de

1. Malgré sa défection à Montlliéry, le comte du Maine n'avait pas encore rompu avec le roi son neveu qui le redoutait, mais était soupçonné d'avoir favorisé les desseins des ligueurs et de s'être concerté avec le duc de Nemours et le comte de Charolais, ainsi qu'il appert d'instructions secrètes émanées du roi à la date du 6 mars 1466 (Bibliothèque national?, ms. français 10237, f" 198 ; publ. par le comte de Reilhac, Jean de Reilhac, t. I (18S6), p. 218).

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