‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 134 sur 598 · ROUEN SE REND AUX COALISÉS · texte numérisé non relu

ROUEN SE REND AUX COALISÉS

veuve du sénéchal Pierre de Brézé* , qui avait conservé la garde du château ; persuadée que son mari, mort à la bataille de Montlhéry ^, était une victime de la perfidie du roi, elle avait, multipliant les précautions, entamé de mystérieuses négociations avec Louis d'Harcourt, évêque de Bayeux, et avec Jean Hébert, ancien général des finances de Charles VII, et avait ainsi, après l'arrestation du capitaine Braquet de Braquemont sous prétexte de déloyauté, livré la place, dans la nuit du 27 au 28 septembre, aux troupes du duc de Bourbon^ .

Le lendemain, lorsque les bourgeois de Rouen, mis au courant de l'événement, esquissèrent une protestation, il était trop tard ; d'ailleurs on s'empressa de leur donner toutes garanties, on leur promit des réformes, et ils se résignèrent à prêter serment au duc de Bourbon qui représentait Charles de France ^ . Rouen, capitale de la province de Norman-

1. Son fils Jacques, accusé de complicité par Maupoiut, était alors au contraire à Paris (Jean de Roye, t. I, p. 107) et resta fidèle au roi ; devenu capitaine de Louviers, Mantes et Pont-de-l' Arche, grand sénéchal de Normandie (Bibliothèque nationale, ms. français 26090, n° 769), il reçut un don de 40000 écus d'or de Louis XI lors de son mariage avec Charlotte, fille d'Agnès Sorel (Bulletin de la Société de l'histoire de Normandie, t. V, p. 207). — Douët d'Arcq a écrit sur Jacques de Brézé un article dans la Bibliothèque de l'École des Chartes (1848-49) ; cf. ci-dessus, p. 68, n. 4.

2. Le 13 juillet, le chapitre cathédral de Rouen avait permis que le corps de Pierre de Brézé fût enterré dans la chapelle de la Vierge (Archives départementales de la Seine-Inférieure, G 2136) ; son corps fut en effet ramené quelques jours après, et son tombeau se voit dans la cathédrale de Rouen. — Une longue épitaphe de Pierre de Brézé, composée par Georges Chastellain qui se dit son ami, est imprimée dans ses Œuvres, édition Kervyn de Lettenhove, t. VII, pp. 67-73. — Le manuscrit 570 de la Bibliothèque municipale de Tours contient une autre épitaphe du même, qu'a publiée Léopold Delisle dans le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris, t. VII (1880), p. 164, en même temps que la mention suivante, intéressant Jean de Blarru dont nous ignorons la parenté avec le poète contemporain Pierre de Blarru (cf. G. Couderc, dans le Bibliographe moderne, 1900, pp. 86-112) : (( Hec exortatio ponitur Parisius in basilica beati Pauli super tumulo Johannis de Blaru, quondam juvenis formosissimi ac virtuosi domini Karolli ducis Biturie notarii ».

3. Thomas Basin, édition Quicherat, t. II, p. 128 ; — Archives communales de Rouen, A A 7, f» 238 v» ; — Commines, édition Lenglet-Dufresnoy, t. II, p. 556.

Page 1