OCCUPATION DES PRINCIPALES VILLES
procureur, les avocats, sergent, gardes du scel de la vicomte d'Auge et de la vicomte d'Orbec n'eurent pas à souffrir du changement de régime.
A Evreux, — où le roi séjournait le 22 août précédent, et qui avait encore bénéficié le 23 septembre d'un don spécial de sa part pour les réparations à faire à la cathédrale * , — on était sans doute plus royaliste. Mais l'occupation eut lieu par subterfuge. Le mercredi 9 octobre, jour de la fête de saint Denis, avait lieu une grande procession qui sortit de la ville, accompagnée de la plupart des habitants ; et, tandis que cette procession défilait sous une des portes de l'enceinte, les troupes confédérées, conduites par le bâtard de Bourbon, pénétraient par une autre porte, à la faveur des facilités que leur donna un chevalier nommé Jean Lebeuf ^ . La ville fut rançonnée ^ , quelques bourgeois furent pris comme otages, les habitants terrorisés ^ .
Le duc de Bourbon, par messager spécial, s'empresse d'informer Charles de France qu'il y a lieu d'envoyer au plus vite des gens de guerre tant au pays de Caux qu'en Basse-Normandie, Il somme le comte d'Eu de lui restituer la ville de Neufchàtelen-Bray ; le comte d'Eu, qui en a reçu la jouissance, sa vie durant, de Charles VII avec les revenus, et qui y réside actuellement, n'a aucune garnison à opposer aux troupes des ligueurs ; aussi est-il prêt à se soumettre, et par lettres du 19 octobre s'empresse-t-il d'en aviser le roi en lui envoyant un de ses serviteurs ^.