‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 143 sur 598 · EXIGENCES DES CONFÉDÉRÉS · texte numérisé non relu

EXIGENCES DES CONFÉDÉRÉS

tion qu'ils ne portassent point d'armes ; aux portes de Paris, et notamment à Saint-Antoine, une consigne sévère s'exerçait sous la haute autorité du prévôt des marchands, et chaque soldat qui passait était minutieusement interrogé. Le 14, la consigne se relâcha ; on laissa plus facilement entrer les hommes même armés, et l'on put constater qu'ils ne se livraient à aucun acte répréhensihle ni contre les personnes, ni contre les biens. La capitale était d'ailleurs occupée par de nombreux combattants, au nombre d'environ 30000 hommes, et les troupes adverses en paraissaient fort surprises ; elles se prenaient à regretter, dit-on ^ , d'avoir osé tenté un coup de main sur Paris et d'avoir prêté l'oreille aux suggestions de leurs chefs.

Trois semaines se passèrent. De nombreux et actifs pourparlers pouvaient amener une entente complète entre les deux partis. Mais chacun des princes confédérés, ayant supporté une partie du poids de la guerre, prétendait à une part du bénéfice qu'on entendait tirer de la situation ; on n'admettait pas que le duc de Berry fût seul à recevoir tous les avantages. Il fallut que Louis XI consentît à céder Péronne, Roye, Montdidier, avec les comtés de Guines et de Boulogne, au comte de Çharolais ; en même temps, il créait le comte de Saint-Pol connétable de France et lui remettait lui-même solennellement l'épée. Le duc de Calabre, de son côté, exigeait une forte somme d'argent et une petite armée entretenue aux frais du roi. Le duc de Bretagne obtenait le droit de frapper de la monnaie d'or. Le duc de Bourbon recouvrait la pension qu'il tenait de Charles YII et des gens de guerre. Dunois recevait une pension, avec restitution de ce qu'il avait perdu depuis son adhésion à la Ligue ^. Au comte de Dammartin furent rendues les terres qu'un arrêt du Parlement lui avait ravies. Les dons et cadeaux ainsi distribués étant toutefois d'inégale valeur, il en résulta, comme de juste, des mécontentements ^ .

Dès le 5 octobre, par le traité de Conflans, le roi avait si-

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