‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 146 sur 598 · TRAITÉ DE SAINT-MAUR · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE SAINT-MAUR

François II, duc de Bretagne ; Jean, duc de Calabre ^ ; Charles, comte de Charolais ; Jean, duc de Bourbon ; Jacques, <luc de Nemours ; Charles, sire d'Albret ^ ; Jean, comte deDunois^ . Le Parlement enregistra ce document le 15 novembre *, après avoir esquissé une nouvelle protestation : il déclara que ce traité « se faisoit contre sa volonté et par force et contrainte », ne pouvant souscrire à la création de l'apanage du duché de Normandie, indissolublement lié à la couronne de France depuis le règne du roi Jean.

Pendant le séjour que fit Charles de France à Saint-Maur pour la signature dudit traité, il se préoccupa de se procurer de l'argent pour subvenir aux grands frais que nécessitaient ses affaires ; il le trouva d'ailleurs facilement dans son entourage, car les revenus du nouveau duché sont un gage suffisant. Du-

de 930 livres tournois pour paiement d'un trimestre de leurs gages (Idem, n« 437).

1. Perret, Histoire des relations de la France avec Venise, t. I (1896), p. 440, a déjà observé qu'en embrassant le parti des princes, tandis que son père demeurait fidèle à Louis XI, le duc de Calabre faisait preuve d'habileté ; père et fils ont pu, d'un commun accord et dans l'incertitude du lendemain, adopter chacun une politique différente, avec la pensée que celui des deux qui verrait son parti triompher obtiendrait facilement pour l'autre le pardon du vainqueur.

2. Dès la veille, Louis XI avait ratifié en sa faveur le don qu'avait fait Charles VII, en 1425, aux sires d'Albret de la ville de Fleurance et du comté de Gaure (Archives nationales, JJ 194, f» 49 ; publ. dans les Ordonnances des rois de France, t. XVI, p. 389, et dans Jean de Reilhac, t. II, p. 108).

3. Jacques de Bourbon, vicomte de Cariât et comte de la Marche, promet au roi son adhésion (5 novembre 1-165) « envers et contre tous qui pevent vivre et mourir sans personne quelconque excepter, soit monseigneur Charles son frère ou autre, et le serviray aussi bien contre mondit seigneur Charles que contre tous autres en quelque manière que ce soit » ; Jean d'Armagnac et Charles d'Albret font de même (Bibliothèque nationale, ms. français 20430, £F. 25-26), Quant à Jean, duc d'Alençon, il offre de s'entremettre « d'essaier à trouver aucunes ouvertures d'appointement entre mondit seigneur le roy et Charles de France son frère )) (Idem, f» 7). Le serment de fidélité de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, promettant de n'avoir d'intelligence avec quiconque sans consentement exprès du roi (9 novembre), est aux Archives nationales, J 393, n° 8 (Musée).

4. Archives nationales, X i a 8608, ff. 102-106 ; publ. par Lenglet-Dufresnoy, édit. de Commines, t. II, pp. 521-527. — Le texte du traité de Saint-Maur est dans Léonard (I, p. 68), Dumont (III, 1, p. 337), Dom Calmet (IV, Preuves, col. 225), et Dom Morice, (Preuves, III, col. 104.)

nois lui prête 100 écus d'or (1531 livres 5 «ous tournois '), puis 1100 livres tournois ; d'Oriole 600 écus d'or (918 livres 15 sous tournois), puis 1100 livres tournois ; le duc de Bretagne 3300 livres tournois; le duc de Bourbon 1684 livres 7 sous 6 deniers tournois : soit un total de 9635 livres, à peine suffisantes d'ailleurs pour indemniser le duc de Calabre des 11000 livres nécessaires pour le paiement des gens de guerre, et qui furent remboursées dès la prise de possession du nouveau duché - . En même temps, Charles de France fait remettre à des banquiers de Bourges, Martin Anjorrant et Guyot de Rusticat, les sommes avancées par eux à titre de prêt ou emplo^^ées par eux à l'achat de fournitures de soie et autres marchandises pour le service ducal.

Les gens de son Conseil tiennent réunion à Rouen et conservent un lien avec leur maître par des envoyés spéciaux ^ ; mais les affaires politiques, administratives, financières sont traitées directement par eux * ; ils ont tout pouvoir, s'efforcent de régler toutes difficultés, organisent et préparent l'occupation du duché ^ .

Avant même d'avoir promulgué l'ordonnance qui donne la Normandie à son frère ^ , Louis XI lui a conféré le droit d'avoir une chambre des comptes particulière ^ , puis il s'empresse de signer d'autres lettres permettant à Charles de France

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