‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 157 sur 598 · Basin, t. II, p · texte numérisé non relu

Basin, t. II, p

niqueurs contemporains ^ nous apprennent que Louis XI, en la recevant des mains de Pierre Paviot, en prit connaissance, et, la tendant au duc de Bourbon qui se tenait près de lui et avec lequel il était sur le point de se réconcilier, prononça ces quelques mots qui valaient tout un programme : « Je croy qu'il me fauldra reprendre ma duché de Normandie ; il me fault aler secourir mon frère ». Le subtil monarque 2 ne pouvait laisser échapper une si belle occasion. La question de l'apanage lui tenait à cœur ; il n'avait pu se consoler d'avoir été contraint à s'en dessaisir dans une période difficile, et il disait à qui voulait l'entendre ^ que sa reprise était une nécessité. A peine le traité de Saint-Maur avait-il été signé qu'il avait protesté devant le Parlement de Paris, déclaré qu'il avait dû céder à la force, qu'il ne se considérait pas comme lié par un acte contraire à sa volonté, et que d'ailleurs cette donation ne pouvait être valable puisque le duché de Normandie avait été indissolublement lié à la couronne de France par ses prédécesseurs ^. En parlant ainsi, Louis XI non-seulement faisait peu honneur à sa signature, mais encore n'était guère logique avec lui-même » n'avait-il pas en effet, par lettres d'octobre 1465 ^ , confirmé le don fait en 1425 par son père du comté d'Etampes au duc de Bretagne, malgré l'opposition du procureur général qui précisément avait mis en avant le principe de l'inaliénabilité du domaine de la couronne ? La politique est coutumière de ces inconséquences ^ .

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