‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 166 sur 598 · BRUITS DE COMPLOT · texte numérisé non relu

BRUITS DE COMPLOT

main de sa fille, après la lui avoir en quelque sorte pro-

mise

Quelle ne fut pas la déception des Rouennais d'apprendre presque aussitôt (24 novembre) qu'un nouveau retard était apporté à la cérémonie de l'entrée à Rouen I Au lieu des événements annoncés- , voici qu'ils entendent parler pour la nuit prochaine d'un enlèvement possible de leur prince, qui serait emmené en Bretagne par François II, ou peut-être livré au roi. Ces bruits fâcheux sont corroborés par un message du duc lui-même, qui informe les magistrats rouennais de ses craintes. On affirme qu'Antoine de Chabannes, réconcilié avec le roi, tremperait dans le complot, et aurait reçu 4000 francs du duc de Bretagne pour l'aider à en assurer le succès ; d'autres racontent au contraire que Charles de France a octroyé 1000 francs au même Chabannes pour le récompenser de ses bons services' . Pour parer à tout événement, on envoie des convocations à domicile afin que chaque habitant se tienne prêt à agir au premier signal, sans toutefois molester aucun breton, car bon nombre logent déjà en ville, ni se livrer à aucune démonstration tumultueuse à leur endroit ^ . Pour empêcher le duc Charles d'être enlevé par le duc de Bretagne et conduit à Pont-de-l'Arche, comme le bruit persiste à courir^ , Jean de Lorraine retourne au Mont- Sainte-Catherine avec une escorte de cent lances ^ (soit 600 hommes et GOO chevaux), qu'il présente aux deux ducs comme étant une garde d'honneur pour leur entrée à Rouen ' . Mais la

1. Lettre du même, du 27 novembre, originale (Archivio di Stato, Mi- Jano ; Potenze estere, Francia), communiquée par M. B. de Mandrot.

2. Voir Jacques Du Clercq, édit. Buchon, t. XL, chap. 55, p. 86-87.

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