‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 170 sur 598 · ENTREVUE DE PORT-SAINT-OUEN · texte numérisé non relu

ENTREVUE DE PORT-SAINT-OUEN

Fécamp* , de Sainte-Catherine- et de Saint-Wandrille ^ se tenaient au premier rang de l'assistance^ . Dans la foule se pressaient bourgeois, ecclésiastiques, nobles, magistrats et fidèles ^ , pour qui la nouvelle année semblait ouvrir une ère de prospérité dans ce duché de Normandie, si éprouvé mais si fier désormais de recouvrer sa splendeur éclipsée.

Après le chant du Te Deam solennel, le cortège se rendit au château. Quelques heures après, la nuit venue, on vit François II partir dans la direction de Pont-de-l'Arche, tandis qu'il envoyait des émissaires vers le roi de France pour lui proposer une réconciliation et lui raconter la légende du complot rouennais ^.

Dès le lendemain, une entrevue fut ménagée entre le duc de Normandie et le duc de Bretagne à Port-Saint-Ouen, sur la rive droite de la Seine ', en face d'Oissel : le principal instrument de cette tentative de rapprochement était Dunois, qui envisageait la ruine prochaine de l'apanage si le duc de Bretagne ne venait pas au secours de Charles de France pour briser l'effort du roi. La plupart des villes normandes étaient au pouvoir des Bretons ; ils pouvaient à leur volonté faire pencher la balance de tel ou tel côté, suivant qu'ils soutiendraient ou combattraient la politique royale. On parla beaucoup ; on discuta fort dans cette entrevue ; on fit de sérieuses tentatives pour décider François II à revenir à Rouen et à renouer avec Charles de France un pacte d'amitié. Prières et supplications furent vaines ; le duc de Bretagne demeura inflexible et décida d'aller rejoindre Louis XI. Déjà le duc de Bourbon s'était réconcilié, et des hommes d'armes s'apprêtaient en assez grand nombre à suivre François II dans sa défection ^ .

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