Basin, t. II, p
avec son caractère traditionnel et religieux, n'eut lieu que le dimanche suivant, premier dimanche de l'avent (1" décembre *). Vêtu d'une robe de velours noir, le jeune prince fut conduit directement à la cathédrale, où la messe fut célébrée par Louis d'Harcourt, évêque de Bayeux, choisi par le chapitre en l'absence de cardinal-archevêque Guillaume d'Estouteville. Après la lecture de l'épître, le duc prêta le serment accoutumé, jurant sur les saints évangiles de respecter les libertés de l'église, de la noblesse et des communes, d'observer et faire observer les lois et coutumes de Normandie, ainsi que la *' Charte aux Normands " ^ . Thomas Basin, évêque de Lisieux, lui mit au doigt l'anneau d'or, symbole de l'investiture. Le comte de Tancarville ^ , connétable héréditaire, lui présenta l'épée ; le comte d'Harcourt* , maréchal, lui présenta la bannière. Revêtus des ornements de leur dignité, l'évêque d'Avranches, les abbés de
1. C'est bien la date donnée par Farin, Histoire de Rouen^ 3*^ édit., t. I, (1731), p. 80 et 118, conforme d'ailleurs au texte des délibérations municipales dont nous avons déjà cité le début et qui se poursuit ainsi : « Et le djmance au matin ensuivant, il vint en l'église Nostre Dame du dit lieu de Rouen en grant et notable compaignie, oii là fu dit une notable messe, et illec fait les solennitez appartenant au duc de Normandie (Archives communales de Rouen, AA 8, fo 241). Le récit de Jacques Du Clercq (édition Buchon, t. XL, p. 86) n'est accompagné d'aucune date ; quant à Thomas Basin, bien placé cependant pour être renseigné puisqu'il prit part à la cérémonie, il ne souffle mot de la première entrée du 25 novembre, et hésite, pour la seconde, entre le l'^'" et le 10 décembre. On ne saurait l'accuser d'avoir emprunté cette fausse date du 10 au registre des délibérations capitulaires de Rouen (Archives départementales de la Seine-Inférieure, G 2137^, où on lit : « Receptio ducis Normanniae. Anno LXV, die dominica prima adventus, décima decembris, serenissimus et illustrissimus princeps d. Carolus, dux Normanniœ receptus in ecclesia Rothomagensi et prestitit juramenta in talibus fieri consueta » ; en effet, Basin écrit au XV^ siècle, et manifestement cette note, ornée d'un lapsus calami, a été ajoutée après coup, au XVII® siècle, au recto du feuillet 16 resté blanc. Au surplus, le registre porte, au feuillet 18, à la date du 10 décembre, cette mention originale ; '(( Martis X^ decembris, nichil. » Cette date du 10 décembre serait encore inacceptable pour une autre raison : les Etats de Normandie furent convoqués pour le 8 décembre, et la réunion n'aurait pu avoir lieu avant la cérémonie d'intronisation.
2. Cf. Archives départementales de la Seine-Inférieure, G 3692, et Th. Godefroy, Cérémonial françois, t. I (-1649), p. 604.