SON DÉPART POUR HONFLEDR
Rouen ouvrit ses portes à Louis XI le 14). Du même coup les autorités locales sont averties de ne lui causer aucun ennui *.
Cependant, après la chute de Pont-de-l'Arche et l'entrée des troupes royales à Rouen, le duc de Normandie n'a plus qu'à se résigner. Aj^ant définitivement accepté les conditions de l'arbitrage convenu ^ , il a quitté Rouen le 17 ^ , et pris la direction de Honfleur. Un instant, il songe qu'il serait peut-être préférable pour lui d'abandonner la partie et de gagner la Flandre * , comme a tenté de le faire sans succès Jean de Lorraine. Le duc y retrouvera un ami, le comte de Charolais. Il s'embarque donc sur un navire équipé par un de ses serviteurs, Nicolas de La Croix ^ ; mais les vents étaient contraires ; le bâtiment qui l'emmenait ne peut doubler le cap de la Hève ^ et revient au port. Après quoi, s'il lui reste encore une hésitation après cette malheureuse équipée, le duc de Bretagne va se charger de la faire disparaître rapidement en l'envoyant chercher par ses propres marins '^.
D'ailleurs le pauvre Charles de France est fort à court d'argent. Après avoir fait régler par son trésorier Pierre Morin la solde des quelques hommes d'armes restés fidèles pour le dernier trimestre écoulé ^ (27 janvier), ainsi que tous les frais, assez considérables, nécessités par la garde et fortification du château de Vernon, commandé par le capitaine Olivier Ronssart, la fourniture de nombreux engins de guerre pour la dé-
1. Archives de la Loire-Inférieure, B 4, f^2; Pièce justificative n'' XXV.
2. Lettres du 11 janvier 1466, contresignées « Marchant )), et vidimées à Nantes (Dom Morice, Preuves, t. II, coL 117).