Basin, t. II, p. 159; Maupoint, Journal, p
3. Lettre de Panigarola, du 24 janvier (Archivio di Stato, Milano ; Potenze estere, Francia ; communiquée par M. B. de Mandrot) : « Et he una consolatione hora a vedere quela stare alcgra et in bon poncto, ogni giorno plù prosperando ».
Déjà, depuis plusieurs jours, il s'était empressé d'aviser les bonnes villes de son royaume ^ qu'ayant été contraint de donner la Normandie en apanage, il était à présent en passe de la recouvrer, se proposant d'ailleurs de « bailler autre bonne récompense » à son frère.
Le fait était-il exact ? De Caen, le roi aurait offert de son propre gré au duc de Normandie, comme on l'a affirmé sur le témoignage d'un contemporain ^ , un don gracieux de 60000 livres et l'échange de son apanage, désormais perdu pour lui, contre le Dauphiné d'abord, puis contre leRoussillon, avec obligation pour lui de résider dans cette lointaine province. Il faut croire au contraire, puisque l'ambassadeur milanais, attaché à ses pas, le raconte dans une de ses lettres ^, que tout d'abord, à cette heure où Louis XI se sentit plus libre de ses mouvements et plus maître de la situation, sa pensée fut d'accorder à Charles de France une forte pension sans aucun domaine territorial ni apanage d'aucune sorte ; il est vrai qu'en même temps Louis XI déclarait (dès le 10 janvier) qu'il s'en rapporterait à cet égard au jugement des ducs de Bourbon et de Bretagne, fort bien en cour à ce moment, promettant de ratifier la décision que prendraient ces deux princes dans cette question d'apanage * : nul doute qu'elle ne fût réglée d'un commun accord et selon ses propres désirs !
En effet, le jour même, François II envoyait d'Honfleur, où il séjournait, un sauf-conduit au duc de Normandie pour lui permettre de venir le trouver en toute sûreté, l'assurant que pendant son absence il ne serait rien entrepris contre Rouen ni contre les autres villes de son duché (on a vu plus haut que
1. On possède une trace de la lettre qu'il adressa le 13 janvier aux autorités de Châlons-sur-Marne, les invitant à en communiquer le contenu aux habitants et d'aviser en même temps ceux de Sainte-Menehould, de Vitry, de Saint- Dizier, de Joinville, de Vassy et de Vertus (Archives communales de Châlons-sur-Marne, BB 4, f^' 308). Même communication fut faite à toutes autres villes (cf. Archives communales de Nevers, GC 60).
2. Dupuy, Histoire de la réunion de la Bretagne, t. l, p. 161.
3. Lettre de Panigarola, écrite à Rouen le 26 janvier (Bibliothèque nationale, ms. italien 1593, f"^ 223): « L'accordo delduchade Berriche a l'effecto sarà adinari, cloè certagrossa pensione per anno, chè terra neforteze non li vole dare ».