‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 198 sur 598 · IL PERD SON APANAGE · texte numérisé non relu

IL PERD SON APANAGE

sédé, réduit à l'impuissance et à la mendicité, et abandonné par quelques-uns de ses meilleurs serviteurs. Par lettres données à Rouen le 15 février, Louis XI règle l'impôt de la taille mis sur la province* . En même temps il convoque les Etats à Rouen- , et fait graver de nouveaux sceaux pour le bailliage de Rouen ^ .

Il s'occupe aussi de réparer certains bâtiments et logis qui, par vétusté ou par suite des récents événements, ont subi des dommages plus ou moins considérables * : ainsi Jean Lemoyne, verrier à Rouen, est chargé de restaurer six panneaux de verre dans la chambre du château de Rouen où a habité la veuve de Pierre de Brézé ; Guillaume de La Marche, charpentier, sous la direction de Jean Laurens, substitut de Thierry Dupont, maître des œuvres de charpenterie au bailliage de Rouen, transforme diverses parties du même château ; Roger Jullin, charpentier à Saint-Jean de Caen, opère des réparations au château de Caen sous la haute autorité de Mahiet Le Yavasseur, maître des œuvres du roi au bailliage de Caen.

Des 120000 écus que Louis XI a promis au duc de Breta-

nés, et pour aviser aux moyens de lever les impôts à Caen, à Bayeux et dans les autres villes occupées par les troupes bretonnes (Bibliothèque nationale, ms. français 20485, p. 135; publ. dans Jean de Reilhac, t. I, pp. 216-217).

1. Bibliothèque nationale, nouv. acqo"^ françaises 21135, n» 117. — Dans le même recueil (n» 120) se trouve une autre lettre patente de Louis XI, donnée à Tours le ISdécembre 1461, conservée envidimus(du5 janvier 1465), qui avait accordé à la ville de Caen les réparations que celle-ci réclamait pour sa sécurité.

2. Voir un mandement du 11 février par lequel Louis XI fait paj'er diverses sommes d'argent à Pierre de Morvilliers, son chancelier, à Jean Le Jeune, à Nicolas Ogier (de la vicomte de Beaumont-le-Roger), à Robin Chartain (de la vicomte d'Evreux! et à Robert Le Comte (de la vicomte de Couches et'Breteuil), président et commissaires des trois États de Normandie assemblés à Rouen (Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 2062, Morvilliers, n» 14). — Beaucoup plus tard seulement (l^r février 1469), les délégués des États s'occupèrent de fixer le montant des indemnités que devait recevoir la ville de Rouen en remboursement des frais qu'elle avait supportés pendant toute cette période (Bibliothèque de la ville de Caen, coll. Mancel, vol. V, n» 15).

3. André Henry, orfèvre, reçoit 75 sous tournois pour façon et gravure du grand et du petit sceau du bailliage de Rouen, le 1^»' février 1466, sans compter la fourniture de l'argent (Bibliothèque nationale, ms. français 26090, no 456).

4. Ces travaux sont payés en mars et mai 1466 (Bibliothèque nationale, ms. français 26090, no=* 471, 469 et 501).

gne * , payables en deux années, afin de le mieux tenir en sa dépendance, il fait distraire les sommes nécessaires au paiement des gens de guerre établis pour la défense et garde de la province de Normandie ^ . De Torigny-sur-Vire, ^ François II lui adresse une requête * pour obtenir la grâce de Jean de Lorraine, comte d'Harcourt, l'un des conspirateurs appréhendés dont le cas avait été réservé à sa demande (16 février) ^ , et qui, — il ne faut pas l'oublier, — avait été antérieurement capitaine pour le duc de Bretagne d'une partie de son arrière-ban ^ .

Cependant Charles de France a essayé d'intéresser à sa cause le duc de Bourgogne et son fils le comte de Charolais. Au premier il a envoyé l'évêque de Lisieux,Th. Basin ; au second^ qui avait déjà reçu la visite d'un envoyé spécial, il expédie un négociateur éprouvé, Brunet de Longchamp, à qui il remet des instructions que l'on peut résumer ainsi"': il devra s'entendre avec Cardin des Essarts et conduire l'affaire en se concertant avec lui ; il expliquera au comte de Charolais comment il n'a pu satisfaire aux exigences des conseillers du duc de Bretagne qui réclamaient en Normandie des offices auxquels le duc de Bourbon avait déjà régulièrement pourvu ; il lui dira que de là sont nées quelques divergences et difficultés entre le duc de Bretagne et lui, malgré tout son désir d'être agréable à François II, dont il est l'obligé, et de reconnaître les services que tous ses amis lui ont rendus, le comte de Charolais en tête ; il lui exposera comment, après avoir tout fait pour éviter une rupture devenue maintenant complète, il a dû subir une étrange agression de la part du roi, et comment on a faussement raconté à son frère qu'il est tout-à-fait disposé à abandonner son

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