‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 199 sur 598 · MÉDIATION DU COMTE DE CHAROLAIS · texte numérisé non relu

MÉDIATION DU COMTE DE CHAROLAIS

apanage de Normandie ; il l'assurera de toute la confiance qu'il continue d'avoir dans le comte de Charolais, avec l'espoir de le voir s'entremettre auprès du roi pour ramener la paix ou lui envoyer, à défaut, aide et assistance ; il sollicitera un envoi de 300 lances fournies, et aussi un prêt de 40000 à 50000 écus en échange duquel il donnera des gages et dont il ne peut se passer, les maigres revenus dont il peut disposer dans un domaine aussi nouveau étant absorbés par les récompenses qu'il a dû distribuer aux gentilshommes et aux gens de guerre qui l'ont fidèlement servi, par ses lourdes charges et par les restitutions de deniers qu'il a été dans la nécessité de faire au roi ; enfin il soumettra au comte de Charolais l'idée d'aller le retrouver le jour où les nécessités du moment l'exigeraient. Son intention en effet paraît être alors de gagner la Flandre s'il ne peut obtenir du roi un apanage digne de son rang de second fils de France » *.

L'intervention du comte de Charolais ne se produisit pas telle que l'avait souhaitée Charles de France - . Occupé ailleurs ^ , il se trouvait dans l'impossibilité de faire parvenir des troupes en Normandie, et sans doute sa situation financière n'était pas elle-même assez prospère pour qu'il pût disposer de la forte somme demandée par son allié. Il se contenta d'adresser à Louis XI (15 janvier) une lettre* où il exprimait seulement le souhait que le conflit s'arrangeât, ses ambassadeurs Philippe de Crêvecœur, Guillaume Hugonet et Guyot d'Usie étant chargés de « donner son petit avis au fait de Monseigneur de Normandie ».

Louis XI s'empressa de remercier le comte de Charolais de ses offres de médiation et ne se fit pas faute de lui fournir les explications les plus détaillées afin de lui exposer la situation et de lui démontrer que tous les torts étaient du côté de son frère ^. Depuis son avènement il avait donné à ce frère de grands témoignages d'affection et lui avait baillé, avec une pension convenable, le titre, nom et seigneurie de Berry, alors qu'il n'avait encore-

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