‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 211 sur 598 · SA SITUATION FINANCIERE · texte numérisé non relu

SA SITUATION FINANCIERE

nois, le soin d'emballer et de surveiller dans leur déplacement les livres appartenant à ce prince bibliophile '.

A toutes ces dépenses pourvoit le trésorier général de Bretagne Pierre Landais -. Quant au trésorier du duc de Normandie, Pierre Morin, il va prendre livraison, périodiquement, des sommes destinées à son maître, soit à Nantes, soit ailleurs (à Craon et à Rennes, par exemple, en 1468), et qui se chiffrent par 4800, 6000 livres et plus à la fois =\ On achète des paniers et des grands sacs pour y mettre l'or (des écus d'or neufs) et l'argent ainsi versés, et des archers d'une garnison voisine sont désignés pour accompagner le trésorier dans ses voyages et assurer sa sécurité ^ Mais il faut transformer ces écus d'or neufs bretons ^ en monnaie de France courante, et au change <^ il faut constater une perte calculée à raison de 7 deniers par écu, soit de 58 sous 4 deniers par cent écus '. En outre, comme le duc de Normandie ne peut se contenter de ce qu'il reçoit pour contrebalancer ses dépenses, il s'endette : on le voit emprunter en 1468 à l'italien Pietro Fanucci une somme de 1000 livres pour laquelle il paie un intérêt annuel de 50 livres ^, soit 5 pour 100. D'autres dettes contractées dans les mêmes conditions, ainsi que ce prêt, seront remboursées l'année suivante lorsqu'il aura été

1 . Compte de 1468 (Bibliothèque nationale, ms. français 21477 ; Pièces justificatives).

2. Sur ce personnage, voir A. de La Borderie, Histoire de Bretagne, t. IV (1906), p. 469, 497 et 515.

3. Dans l'extrait du compte de Pierre Landais, d'octobre 1466 à octobre 1467 (Dom Morice, Mémoires pour servir de preuves, t. III, col. 166), on lit : « AMonseigneur Charles de France, duc de Normandie, parles mains de Pierre Morin, ti'ésorier, et de Ythier Marchant, 28206 livres 10 sous 6 deniers pour l'aidera supporter ses charges». Mais le chiffre est inexact (voirplusloinp.206, n. 4).

4. Bibliothèque nationale, ms. français 21477 (Comptes de 1466 à 1468).

5. Sur la monnaie de Bretagne, voir le travail de A. Bigot, Essai sur les monnaies du royaume et duché de Bretagne (Paris, 1857, in-8).

6. Qui s'opère, par exemple en 1468, chez Gilles Bourgneuf, maître des monnaies de Rennes.

7. Bibliothèque nationale, ms. français 21477 (compte de 1468). — Cf. un mandement de François II aux gens des comptes de Bretagne d'allouer à Martin Anjorrant, argentier, 69 livres 13 sous 4 deniers, pour le rembourser des pertes subies « au voyage et armée de France » pour avoir changé 4847 livres 10 sous, monnaie de Bretagne, en écus neufs de France (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, f*^ 21 v»).

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