‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 212 sur 598 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

pourvu d'un nouvel apanage et qu'il y aura trouvé les sommes nécessaires à leur extinction. Et cependant Louis XI continue de servir à son frère la pension de 4000 livres qu'il a l'habitude de lui octroyer ^

Les questions financières sont d'ailleurs au premier rang des préoccupations du duc de Normandie. Le jour où il aura l'espoir de recouvrer sa souveraineté sur une partie de son apanage, il songera à ne pas perdre les bénéfices qu'il en peut tirer ; mais comment recouvrer les impôts ? Comment établir les rôles exacts du rendement qui peut être escompté ? Quelle autorité même exercer, tant sur une population sans doute un peu récalcitrante, que sur les agents locaux, vicomtes, receveurs, grenetiers, fermiers, commis, pour exiger d'eux l'état précis de leurs opérations et pouvoir les contrôler ? Pénétré de la nécessité d'être exactement renseigné à ce sujet, Charles de France chargera son receveur général des finances Martin Anjorrant de procéder à une enquête générale - dans toute la province de Normandie (8 novembre 1467) : Anjorrant devra se transporter partout, sans tarder, et en même temps qu'il enquêtera, il drainera tout l'argent disponible qui pourra être trouvé dans les caisses des agents fiscaux ; il recevra pleins pouvoirs pour suspendre tels officiers qu'il jugera incapables ou suspects, modifier les rôles, laisser de côté toutes les assignations inutiles, faire faire toutes contraintes et exécutions nécessaires, opérer des virements, donner des décharges, et requérir au besoin la force armée pour obtenir satisfaction complète. Nous ignorons quel fut le résultat de cette enquête qui eût porté ses fruits en temps normal ; mais, si l'on songe que l'autorité du duc absent sur une partie du duché à peine reconquise est encore purement nominale, que son action ne peut guère réellement s'exercer sur une région naguère encore pillée par les Bretons, et que

1. « A monseigneur Charles de France, frère du roi, pour son estât entretenir, IIII mil livres» (Bibliothèque nationale, ms. français 32511, f° 281). — « A Jean de Billon, clerc, pour trois voyages à Rennes en Bretagne, en la compagnie de Jehan de La Driesche, trésorier de France, et de Pierre DorioUe, conseiller du Roy, porter la somme de IIII mil livres à monseigneur Charles de France, frère du roy » (Idem, f" 284).

2. Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 70, dossier 1441, n'^ 6. Pièce justificative n" XLVÎII.

Page 1