INTERVENTION DU DUC DE BRETAGNE
eu des conférences secrètes avec le duc de Nemours son gendre, d avoir fait confirmer ses offices par Charles de France ; sa conduite est bien étrange, car il n'a rien révélé au roi de ce qu'il avait pu savoir ^ ; et Louis XI lui en témoigne un vif mécontentement, tout en ayant un réel intérêt à le ménager^. Quelques semaines se passent, et voici Guillaume Chauvin, chancelier de Bretagne, et Jean de Coëtquen, grand-maître d'hôtel de François II, qui viennent de la part de leur maître trouver le roi à Beaugency ^ ; ils ont mission d'insister sur la nécessité de régler définitivement la question de l'apanage en délivrant François II de ses promesses. Mais tout aussitôt le roi leur répond ^ que toutes ses propositions ont été repoussées : c'est donc Charles de France qu'il faut accuser, c'est lui qui n'a pas accepté les combinaisons offertes, c'est lui qui a réclamé du duc de Bourgogne une intervention armée, c'est
'nul tiltre ; et n'est point creable que vous aiez renoncé à vostre roy, comme dessus est dit, pour adhérer à son adversaire sans lui avoir volu faire quelque service contre la personne du roy directement ou indirectement et contre la couronne et le royaume, et à la dilapidation et confusion d'icelle ; car en telz cas on ne l'a point veu faire autrement ; et si cuide savoir le roy que vous baillastes lors vostre scellé à mondit seigneur Charles et aux seigneurs estans avecques luy, et pristes le leur ; qui semble au roy chose bien estrange et non sans cause, veu la grant confiance qu'il avoit en vous, et que pour lors sa personne et tout son fait estoit couchié entre vos mains )) (Bibliothèque nationale, ms. français 10237, f» 198 ; publ. dans Jean de Reilhac, t. I, p. 219).
1. <i Aussy le roy est bien informé que vous fustes advertyz par feu monsieur le grant seneschal au commeneement des alliances des seigneurs avec mondit seigneur Charles et de ce que lesdits seigneurs dévoient faire, et dont s'est depuis ensuy tel inconvénient au roy et au royaume, comme avez veu ; néanmoins vous n'en déistes ne revelastes rien au roy » (Idem).
2. D'après une déposition faite par le duc de Nemours en 1476, lors de son procès (Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 2000, f^ 329), on peut avoir quelque idée des intelligences que, grâce au comte du Maine, les confédérés entretenaient précieusement à la cour du roi : « Le moyne prieur de Saint Marcel luy dit que feu monseigneur du Maine estoit tout ung avec monseigneur de Guienne, qui lors estoit en Bretagne, et que par le moien de luy il ne se faisoit riens à la court qu'ils ne sceussent, et que par le moien dudit de Guienne ilz avoient monseigneur de La Forest de leur part, et aussi avoit monseigneur de Guienne pour sa part de ceulx de la chambre du roy qui avoient été à monseigneur du Maine. » Ces propos furent confirmés par Guillaume de Roquemaure, ancien valet du comte du Maine (Idem, f» 330).