‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 217 sur 598 · Dom Morice, Preuves, t. III, coi · texte numérisé non relu

Dom Morice, Preuves, t. III, coi

lui seul enfin qui est responsable delà non-exécution des clauses du traité de Caen. Il n'a pas tenu au roi que les ducs de Bretagne et de Bourbon n'aient fait connaître leur décision à Ronfleur. Le duc de Normandie, qui est « en bas âge ^ et en la garde du roi », doit se conduire en loyal et bon frère ; ainsi il méritera un « bon et grand » apanage ; et, après s'être montré trop exigeant en refusant le Roussillon, sans doute sera-t-il heureux d'accepter le Dauphiné, y compris le Yalentinois et le Diois, « avec provision telle que le duc avisera». Il déplaît fort au roi que son frère ait l'air de douter de sa parole. Au surplus, s'il était agréable à Charles de se retirer en Provence, il y trouverait un gîte sur auprès de René d'Anjou et du duc de Calabre son fils, tout disposés à se porter garants de sa liberté. Quant au duc de Bretagne, s'il ne veut pas rompre l'alliance qu'il a conclue avec le roi, il ne lui reste qu'a interdire à Charles le séjour en Bretagne, où il ne saurait être toléré, car il serait vraiment étrange, après ce qui s'est passé à Caen, qu'il montrât plus d'affection au duc de Normandie qu'à lui-même, le duc de Normandie « lui ayant voulu jouer un si mauvais tour que chacun sçait ». Le roi a tenu toutes ses promesses envers François II ; qu'à son tour François tienne donc les siennes ! En cherchant un appui auprès du comte de Charolais, en lui écrivant » que la submission faite par lui au duc de Bretagne et au duc de Bourbon ne le liait en rien », Charles de France a rompu tous les engagements ; car il serait en vérité bien étrange qu'il pût d'un côté réclamer un apanage en vertu de sa soumission, et que de l'autre il sollicitât un tel concours pour essayer de reprendre le duché de Normandie.

En, ce même temps, — à l'époque du carên\e, — un émissaire de Charles de Normandie a été adressé à Cariât -, au duc de Nemours ^ : il se nomme Louis de Lussault, écuyer, sei-

1. Juridiquement s'entend ; car il allait bientôt avoir vingt ans.

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