Guichenon ne mentionne pas cette autre alliance
5. Lettre de l'ambassadeur milanais Panigarola, du 17 avril 1467 (Bibliothèque nationale, ms. italien 1649, fJ 131).
6. « Che délia loro villana superbia se trovasseno castigati ».
7. Yves du Fou fait part aux habitants de Poitiers (31 août 1467) des craintes qui hantent Louis XI de voir réussir les entreprises ourdies par son frère contre cette ville ; il les invite à dissiper les soupçons du roi, qu'il ■déclare par avance mal fondés (Archives historiques du Poitou, t. I, p. 167;.
le 8 novembre suivant. Son frère Philippe de Bresse s'empresse de suivre son exemple K
D'autre part, Charles de France et François II viennent de sceller, par un acte solennel signé le 16 août 1467, confirmé le 22, leur alliance perpétuelle en vrais, bons et loyaux amis et parents ; ils s'engagent à se garder et défe*idre contre tous leurs ennemis, sans en excepter le roi de France, à recouvrer le duché de Normandie et toutes autres seigneuries - auxquelles ils peuvent l'un ou l'autre prétendre droit, à résister à toutes entreprises qui seraient faites au préjudice du duc de Bretagne, à renoncer par avance à toute convention qui ne serait pas conforme au présent engagement, valable « même dans le cas où le frère du roi parviendrait à la couronne ». Se modelant sur les coutumes que Louis XI a mises en honneur, renchérissant même quelque peu, ils jurent de maintenir ces conventions sur les reliques de la vraie Croix, de saint Georges, de saint Sébastien, et sur les saints évangiles. L'évêque de Verdun pour le duc de Normandie, le sire de Lescun pour le duc de Bretagne, conservateurs désignés du traité, reçoivent des pouvoirs très étendus pour connaître de tous les cas qui tendraient à nuire à la bonne entente des deux princes et pour en ordonner à leur convenance ^. Plus que jamais, Charles de France a partie liée avec François II ; leurs intérêts sont connexes et leurs garanties réciproques. N'oublions pas qu'à cette date le duc de Bretagne a déjà prêté à son hôte princier, pour l'aider à supporter ses charges, la respectable somme de 18206 livres tournois *.
Quelques semaines après, c'est le duc d'Alençon qui se
1. Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, ff. 137-138,^ (Rennes, 3 novembre 1467).
2. Le Milanais entre autres ; car le duc de Bretagne avait acheté au feu duc d'Orléans ses droits sur ce pays (R. de Maulde, Louis d'Orléans, t. I, p. 196) ; cf. Bibliothèque nationale, ms. italien 1649, f" 89.
3. Les originaux, auxquels les sceaux manquent, existent aux Archives départementales delà Loire-Inférieure, E 181; ces actes ont été publiés dans- Tédition de Commines par Lenglet-Dufresnoy, t. II, pp. 632 et 634, d'après des copies infidèles du recueil de l'abbé Le Grand.
4. Exactement 18206 livres 15 sous 9 deniers (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, f« 128). Dom Morice, t. III, col. 166, se servant ^u même compte, imprime par erreur 28206 livres 10 sous 6 deniers.
PROJETS d'une nouvelle CONQUÊTE DE LA NORMANDIE 207
joint à son tour à la coalition. Le 1" octobre, il signe, tant en son nom qu'en celui de son fils René, deux traités d'amitié, l'un avec le nouveau duc de Bourgogne, l'autre avec les ducs de Normandie et de Bretagne ; à ces derniers il promet son aide et tient leurs ennemis pour les siens propres sans en excepter aucun, et il s'offre à restituer les villes, châteaux et forteresses de Normandie qui sont en sa possession, le jour où il en sera requis, pour aider à la reprise de cette province ; il s'engage en même temps à ne donner son consentement à quelque convention que ce soit qui n'ait été préalablement acceptée par François II '.
Tous ces préparatifs -, soigneusement étudiés, permettent à ce dernier prince de prouver sa puissance aux Anglais et de leur affirmer que les princes de la maison d'Anjou et de la maison de Bourbon ont été successivement et définitivement gagnés à sa cause. La nouvelle coalition, croit-il, sera autrement forte que la première Ligue du Bien public ; car le roi de France se trouvera enserré comme dans un étau où il sera brisé. Le bruit a couru déjà que le frère du roi doit être couronné « Roy et Empereur » ^. 11 importe de vaincre les dernières hésitations d'Edouard IV dont le concours sera précieux ; sa flotte et son armée, jointes aux troupes de tous les alliés, seront un excellent atout dans leur jeu et aideront à amener plus vite Louis XI à composition. La Normandie est l'enjeu de la partie et doit être reconquise à tout prix ^
Un peu avant la mort de Philippe le Bon, on voit arriver à Vannes un messager du comte de Charolais ; il n'est autre que l'historien Olivier de La Marche ^, chargé par son maître
1. Dom Morice, Preuves, t. III, col. 159 ; — Archives départementales de la Loire-Inférieure, E 178.
2. Voir plus loin, p. 216, les préparatifs d'ordre militaire et la levée ea masse des contingents bretons dans le mois d'octobre-novembre 1467.