AUTRE INTERVENTION AUPRÈS DU DUC DE NEMOURS
Jargeau, où Louis XI le pria de venir lui parler. Olivier raconte encore qu'en Bretagne il assista à une magnifique cérémonie funèbre célébrée, avec une assistance de quatorze prélats, pour honorer la mémoire du duc de Bourgogne récemment décédé ^. Bientôt nous voyonsLouis deLussault, déjà nommé en 1466, retourner, après une entrevue significative avec l'évêque de Verdun à Nantes, une seconde fois, sans enthousiasme d'ailleurs, vers le duc de Nemours -, porteur de nouvelles lettres de créance, après s'être arrêté chez M. de Châteauvert, capitaine de Felletin, qui le fit accompagner ; il arriva dans le bas pays d'Auvergne après l'époque des vendanges, et la neige se mit à tomber lorsqu'il parvint à destination. Ce n'est plus à Cariât, comme précédemment, mais dans le moulin voisin des Huttes ^ qu'a lieu l'entrevue K II est chargé d'annoncer au duc de Ne-
intimé et requérant avoir delay pour venir dire ce qu'il appartiendra, d'autre, sur le plaidoier du IlIIe jour de ce présent mois de juillet, il sera dit que la Court a donné et donne delay audit duc de Guienne pour venir dire ce qu'il appartiendra jusques au lendemain de la saint Martin d'iver prouchainement venant; et détend ladite Court audit duc de Guienne, à Jehan Aubin et Antlioinede Belleville et à tous autres qu'il appartendra, à la peine de deux cens marcs d'or et de perdicion de cause, etc. » (Archives nationales, X^a 1485, f"174). — Dans le compte de 1468 (Bibliothèque nationale, ms. français 21477 ; Pièce justificative n*^' LVI), figure comme échanson du duc de Normandie Regnault de Velourt, frère de Joachim, qui fut aussi attaché à la personne du duc de Calabre et en 1475 impliqué dans un procès politique dont nous pouvons retrouver la trame (Bibliothèque nationale, ms. français 18442, ff. 130- 143, et nouv. acquisitions françaises 1001, ff. 116-121). Cf. Jean de Roye, qui décrit son supplice, t. I, p. 348 et II, p. 2. Sur Joachim de Velourt, voy. encore Pilot de Thorey, Catalogne des actes dn danphin Louis, t. II, p. 154.
1. Mémoires, t. III, p. 62. — Philippe le Bon mourut le 15 juin 1467.
2. « .... A ceste cause ledit de Guienne dit à luy qui parle qu'il failloit qu'il retourna devers ledit de Nemours, et aussy devers le comte d'Armignac pour leur faires avoir les dites choses, afin que eux et leurs amj's s'apprestassent pour le servir, duquel voyage faire il qui parle se excuse de prime face, disant qu'ily avoit assez esté et en grant dangier de sa personne; mais finablement, à la prière et requeste de mondit seigneur de Guienne, il qui parle print la charge dudit voj'age, et fut expédié de par ledit de Guienne, et luy furent baillées unes lettres de créance addressans audit de Nemoux, et unes autres addressan's audit d'Armignac, et luj' chargea de passer à Nantes devers l'evesque de Verdun pour au seurplus estre le plus à plain instruit de son expédition devers lesdits de Nemoux et d'Armignac ».
3. C"« de Saint-Etienne-de-Carlat, c^"^ de Vic-sur-Cère, arr' d'Aurillac <Cantal).
4. Jean Le Maingre, seigneur de Bridoré, assista à l'entrevue. — Cf. Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 2000, ff. 151 et 156.
mours la visite d'Olivier de La Marche en Bretagne et d'en exposer l'objet, de rapporter les promesses du duc de Bourgogne, d'inviter Nemours à employer tous ses amis à son profit, à en gagner d'autres à sa cause, et de faire conduire Lussault auprès du comte d'Armagnac. Le duc de Nemours se montra fort joyeux des nouvelles reçues, promit de faire son possible pour être utile au duc de Normandie, et assura à son ambassadeur que la plus grande hâte était nécessaire, « car il avoit sceu par certains phylosophes astrologiens de devocion que ycelluy qui se mettroit premier sur champ auroit victoire contre ses ennemys » ^ Mais il détourna Lussault d'aller trouver le comte d'Armagnac et se fit remettre les lettres qui lui étaient destinées et qui, naturellement, avaient le même objet : pour obtenir son concours, on lui faisait de larges promesses, et, pour prix des services rendus, on faisait miroiter à ses yeux le gouvernement de Guyenne, objet de ses convoitises pour le jour où l'onpourroit «partager le gasteau ))2. Dès que le duc de Nemours aurait pu voir le comte d'Armagnac et s'entretenir avec lui, il préviendrait Charles de France; en attendant il le remerciait de le tenir au courant des événements, de lui faire confiance et d'avoir si favorable opinion de sa personne. Cette lettre, écrite en présence de Lussault qui devait l'emporter, fut signée par le duc de Nemours, non point de son nom, par prudence (car il savait ce que sa complicité avec les ennemis du roi lui coûterait cher si elle Aenaità être divulguée), mais « d'un autre nom mal escrit » ; le messager repartit pour la Bretagne, lesté d'un don de 40 écus, et le duc de Nemours lui dit au moment du départ : « Recomandez moy bien au duc, et luy dictes que au moins, s'aucun inconvénient me advenoit et qu'il fallust que me retrahisse» qu'il me garde quelque congnet en son pais pour moi retraire » ^. De réelles craintes envahissaient-elles son esprit ? Elles