‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 234 sur 598 · Gant, et arrond' de Guéret (Creuse · texte numérisé non relu

Gant, et arrond' de Guéret (Creuse

écuyers, Jean dePontville^ accompagné de deux genlilshom^ mes, dont l'Allemand Richard Ahamer^, pour le représenter et pourtenirl'enfant sur les fonts baptismaux ^; mais LouisXI, aussitôt prévenu, ne manqua pas de manifester son désir d'être le parrain de l'enfant, qui ainsi fut appelé Louis et non pas Charles. I/année 1467 s'est écoulée ainsi presque entière en négociations de toute nature, en préparatifs de guerre ; un calme apparent a régné, annonçant l'orage qui menace l'horizon. En Normandie, malgré tout ce que, l'on pouvait craindre, aucun événement sensationnel ne s'est encore produit. A Jersey seulement, on enregistre quelques faits dignes d'être relatés. Cette île, commandée par l'imposante forteresse de Montorgueil qui en défend l'approche à l'est, a été occupée dès 1461, à la suite d'un don de Marguerite d'Anjou, par quelques seigneurs normands^ ; Jean Carbonnel, seigneur de Sourdeval, en est le gardien; il est demeuré fidèle au duc de Normandie qui a tenu à conserver ce coin de terre très normand. Dès le mois de mars 1466, le duc avait fait expédier à Richard de Thiéville,filsdu seigneur de Sourdeval, de la poudre à canon ^, et se préoccupaiJ: d'approvisionner le château « inexpugnable » de Montorgueil en vivres ^'' et en munitions pour le mettre à l'abri d'un coup de

1. Pontville était un vieux compagnon qui, lorsque Charles n'était encore que duc de Berry, blessa par mégarde. à côté du dudlt duc, le fils du seigneur de Chauvigny, mort bientôt des suites de sa blessure (Bibliothèque Sainte- Geneviève, ms. 2000, f^' 165).

2. Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms, 2000, f' 303 : (( Dit plus qu'un nommé Pontville, à présent appelé le vicomte de Rochouart, et deux autres gentilshommes de la maison dudit Guienne, dont il y en avoit un alleman qui s'appeloit Richard, vindrent à Sainte Fere en la Marche devers ledit de Nemoux pour tenir pour et au nom d'icelluy, de Guienne un enfant dont Madame de Nemours estoit lors enxainte, preste d'acoucher, et demourerent avec ledit de Nemours deux ou trois jours ». — M. Antoine Thomas a signalé l'intérêt de ce texte dans l'ric/zo de la Creuse, 23 janvier 1875.

3. Idem, f" 304 : « Attendu la distance qu'il y a du pays de la Marche jusques au Mont de Marsan ou à N. D. de Sarrance où l'on disoit qu'estoit lors monseigneur de Guienne ».

4. Jean Carbonnel, seigneur de Sourdeval, et Robert de Flocques. Cf. Gustave Dupont, Histoire du Cotentin et de ses îles, t. III (1885), p. 15. — Une ordonnance de 1462 pour la garde du château de Montorgueil et la police de Jersej' a été publiée dans la Revue de l'Avranchin en 1894.

5. Bibliothèque nationale, mss. français 21477 et 26092. Pièces justificatives no=^ LXIII et LXIV.

6. « Uno castello inexpugnabile in mezo, et tegnira fino che bavera victualia » (Bibliothèque nationale, ms. italien 1649, f^ 85 v").

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