‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 235 sur 598 · LA SITUATION A JERSEY · texte numérisé non relu

LA SITUATION A JERSEY

main. Sourd aux propositions que Louis XI lui fit adresser par son grand sénéchal de Normandie ', Jean Carbonnel n'apprit pas sans une extrême surprise que Charles de France le croyait capable de manquer à la parole donnée, et protesta énergiquement- contre les faux bruits que Ton colportait sur son compte : un navire, venu de Honfleur, aurait simulé une attaque, et, moyennant une somme d'argent, il aurait songé à capituler ! Ce que voyant, il s'empressa de renouveler son serment de fidélité à Charles de France, par l'entremise de son fils, et l'assura en même temps qu'il recevrait du secours avec beaucoup de reconnaissance. Entraînés par ce beau geste de leur chef, les gentilshommes composant la garnison de Montorgueil, dans une touchante unanimité, déclarent à leur tour qu'il resteront inébranlables dans leur fidélité au duc ^. Celui-ci ne pouvait moins faire que de leur répondre ^ pour les remercier de leur loyauté, les encourager à la résistance, les fortifier dans leurs bonnes dispositions ; il promet de ne pas les abandonner et souhaite de pouvoir les récompenser largement au jour de la victoire prochaine. Bientôt cependant la situation de Jersey va devenir critique. Un assaut aurait eu difficilement raison de la forteresse de Montorgueil, mais un long siège, amenant la famine ^, pouvait avoir pour résultat la capitulation de ses vaillants défenseurs. Le duc de Normandie avait envoyé à leur secours une caravelle capable tout au plus de permettre à la garnison de trouver un abri momentané et de lui faciliter le passage sur le continent, le jour où la partie devrait être définitivement abandonnée. Pendant de longs mois, la situation demeura inchangée, jusqu'au jour où une flotte anglaise, commandée par Richard Harliston, arriva devant Saint-Pierre-Port "^j transportant des troupes qui débarquèrent secrètemeij^t à Piémont "^, attei-

1. Lettre du 14 avril, publiée dans les Documents historiques inédits (Champollion-Figeac), t. II, p. 449.

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