INVASION DE LA NORMANDIE
facilement occupés*, et bientôt Bayeux. Les troupes bretonnes allèrent mettre le siège devant Saint-Lô, qui se défendit davantage ; elles y entrèrent bien un jour par surprise, mais elles en furent délogées dès le lendemain, grâce à l'héroïsme des bourgeois et d'une courageuse citoyenne qui réussit à elle seule à tuer plusieurs ennemis -. A Vire l'habileté du gouverneur Philippe de Clinchamps ^ sut préserver la ville de la reddition. Par contre, le 11 octobre, le duc d'Alençon ouvrait les portes de sa capitale à l'armée bretonne *, et, dans la nuit du 13 au 14, le capitaine du château de Caen lui livrait la place, avec la participation plus ou moins avérée de la population ^.
La reprise de Caen était un heureux symptôme pour les ennemis de Louis XL Charles de France vint s'y faire reconnaître duc de Normandie. Les officiers nommés par le roi furent aussitôt destitués, d'autres prirent leur place ; et c'est ainsi qu'Odet d'Aydie, nommé le 3 novembre commandant en chef de l'expédition par le duc de Bretagne ^, devint gouverneur du château, Thomas de Loraille bailli, Jean de La Fresnaye procureur au bailliage. On exigea un nouveau serment de fidélité au duc dans une assemblée convoquée spécialement à cet effet
estions transportés pour savoir en quel estât ladite place estoit, et, le tout considéré, dit fut que le quartier du guet. . . sera délivré audit cappitaine de Gavray sauf à ordonner pour le temps advenir à quelle place les dites paroisses feront et paieront ledit guet, et délibérer avec les officiers du Roy, et veoir l'information faicte sur le cas ; et fut dit que les parroissiens détenus à Gavray seront délivrés. » (Archives départementales de la Manche, série B ; Registre plumitif du bailliage de Coutances, n»^ 231 et 398); cf. n^s 670, 827, 950, 1164, 1443.
1. Journal de Jean de Roj'e, édit. de Mandrot, t. I, p. 193 ; Chronique du Mont-Saint-Michel, édit. Luce, t. I, p. 82.