‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 246 sur 598 · Voir Odolant Desnos et Bry de la Clergerie · texte numérisé non relu

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5. Ceci semble résulter des lettres de rémission accordées aux habitants par Louis XI le 2 mai 1468 (Archives communales de Caen, Matrologe, AA 1, f<» 79 ; Carel, Histoire de la ville de Caen, t. I, p. 153). — D'après un document citéplusloin (p. 221, n. 1), ce fut Geoffroy de Gouvran qui se rendit maître de la place.

6. Archives départementales de la Loire-Iaférieure, B 5, f« 136 ; Pièce justificative n» XLV.

en l'église Saint-Pierre ^ Mais un incident fut alors soulevé par l'Université qui refusa net de se rendre à la réunion, témoignant d'une inébranlable fidélité au roi : il mérite d'être conté 2.

Le jeudi 22 octobre ^, Robert Tyessé, recteur élu l'année précédente, reçoit la visite de deux notables personnages, Roger Le Fèvre, lieutenant général du bailli, et Pierre Lechevalier, échevin, seigneur de Bernières, qui viennent le trouver de la part des commissaires institués par le duc pour la prise de possession de la Normandie ; ils demandent au recteur de se joindre aux habitants le samedi suivant, accompagnés d'une délégation de professeurs, pour entendre une communication que les commissaires ont à lui faire. Le lendemain, convocation par le recteur des députés de l'Université, à raison d'un pour chacune des cinq facultés, comme il est d'usage ; et l'on décide de provoquer une assemblée générale de l'Université. Celle-ci a lieu le samedi 24, et prononce que ni le recteur, ni les députés n'auront à répondre à la sommation des commissaires. Aussitôt, nouvelle démarche de maître Bernard Mondet, licencié en droit *, qui se rend chez le recteur et le prie de réunir le corps universitaire auquel doivent être communiquées d'importantes propositions. L'assemblée est convoquée pour le dimanche. De la part du duc de Normandie y sont présents M. de Quenelec ^,

1. De La Rue, Nouveaux essais historiques sur la ville de Caen, t. II (1842), p. 332 ; Archives départementales du Calvados, D 45 (Registre des conclusions de l'Université de Caen), ff. 33 et suivants.

2. Nous avons utilisé, pour cette partie de notre récit, l'historien local de La Rue, et surtout la notice spéciale de Henri Prentout {Bulletin historique et philologique du Comité, 1910, pp. 280-281).

3. Toutes les dates fournies par le registre D 45 des Archives départementales du Calvados, pourtant contemporain, sont erronées d'un jour : aussi avons-nous corrigé, d'après le calendrier de l'année 1467, les jeudi 21, samedi 23, dimanche 24, etc., en jeudi 22, samedi 24, dimanche 25, etc.

4. Bernard Mondet, maître des requêtes de l'hôtel du duc, était originaire du Cotentin, comme on peut le déduire des mentions que l'on rencontre de lui dans le Registre plumitif du bailliage de Coutances pour l'année 1466-1467 (Archives départementales de la Manche, série B), et oii est en outre signalé un Guillaume Mondet "à la même date (no 2202) ; Jean Mondet est curé de Mesnil-Robert en 1492 (Idem, H 8085). On retrouvera quelques année plus tard Bernard Mondet prévôt de La Rochelle.

5. Il faut certainement lire Quenelec (Kanelec) et non Kavelec avec M. H. Prentout. C'est ce personnage, peu connu, qui est cité sous la forme Gue-

ASSEMBLÉE DE l'uNIVERSITÉ DE CAEN 221

Geoffroy de Couvran, seigneur de la Morandais, ancien capitaine de Coutances *, Olivier de Broons 2, tous trois écuyers bretons, et Richard de Thiéville =^ le fils du seigneur de Sourdeval, que nous avons vu jouer un rôle à Montorgueil ; maître Bernard Mondet leur sert vraisemblablement d'introducteur. Geoffroy de Couvran et Olivier de Broons sont porteurs de lettres de recommandation du duc Charles ; par l'organe de M* Bernard, ils font connaître les griefs du duc de Bretagne et les droits de Charles de France sur le duché de Normandie, et concluent que l'Université doit, parla personne de ses députés, prêter le serment requis. Mais, au nom de l'Université, M® Joseph Thuret, professeur à la faculté de théologie, fait observer que, l'assemblée générale ayant été convoquée inopinément, peu de députés sont venus ; il demande qu'on remette la délibération à une autre assemblée, ce à quoi consentent gracieusement les représentants du duc. En effet la seconde réunion, trois jours après, est plus nombreuse ; les suppôts ont été sommés de s'y rendre sous peine de parjure. Après une déclaration des cinq facultés consultées individuellement, conformément

nelec dans la lettre du 17 novembre 1468 mentionnée plus loin (Bibliothèque nationale, ms. français 6974, f" 268), et qu'on retrouve plus tard dans l'entourage du duc de Bretagne ( Dom Morice, Preuves, t. III, col. 753 et 856). Il importe de ne le pas confondre avec l'amiral breton Gu3'on du Quélénec, son contemporain beaucoup plus célèbre (A. Dupuy, Histoire de la réunion de la Bretagne à la France, t. I, p. 264 ; et Gh. de La Roncière, Histoire de la marine française, t. II, pp. 352-353), non plus qu'un autre marin, Brientdu Quélénec, ou avec un des parents de ces derniers, capitaine de cinquante lances de l'ordonnance de François II en 1465 (Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 4, ï'^ 109 v»).

1. Louis de La Haye, écuyer, seigneur de La Chasse, fut nommé par le roi capitaine de Coutances (17 octobre 1467), remplaçant « messire Geoffroy de Couvran, qui puix nagueres a esté et est allé subjuguer en la compagnie des Bretons la ville de Caen » (Archives départementales de la Manche, série B ; Registre plumitif du bailliage de Coutances, n» 2811). Cf. Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, ff. 55 et 88, et Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, XI, 1899, p. 105.

2. Olivier de Broons, tout comme Geoffroy de Couvran, était un ancien officier attaché à la maison du connétable de Richemont ; tous deux s'étaient distingués ensemble en 1449 devant Fougères, à Vire et à Formigny, en 1450 au siège de Valognes (Cosneau, Le connétable Arthur de Richemont, pp. 396, 416, 614 et passim). Cf. Archives départementales de la Loire-Inférieure, B5, f<^ 55, et Kerviler, ouvr. cité, t. VI, p. 447.

3. Il figure à plusieurs reprises dans les comptes de Charles de France.

aux statuts, l'assemblée déclare qu'elle ratifie les réserves de M** Joseph Thuret, en présence du recteur, des doyens, du conservateur et des docteurs des facultés supérieures (théologie, droit canon, droit civil, médecine), des principaux de collège et des officiers ; elle s'excuse à nouveau de ne pouvoir prêter serment, et envoie un délégué qui sera chargé de faire connaître aux commis-^ saires ducaux sa ferme résolution ^ L'incident ne paraît point avoir eu de suites ; peut-être Charles de France jugea- t-il inutile ou inopportun d'insister davantage, d'entrer en conflit avec l'Université et d'ébruiter un insuccès local mais pénible. Le duc de Normandie ne demeure d'ailleurs pas longtemps à Caen -. Le 4 et le 5 novembre ^, nous le trouvons à Fougères*, et, en décembre, voici sa présence signalée à Avranches ^. Son lieutenant général Jean de Laval, seigneur de La Roche- Bernard, a pénétré dans le château d'Alençon le 4 novembre ^ ; le 25, il intime au comte du Perche et aux notables l'ordre de jurer sur les évangiles qu'ils l'aideront à mener la guerre à bonne fin et ne concluront aucune paix séparée ^. En même temps, on apprend qne les Bretons, partis en grand nombre de Caen et de Bayeuxavec de l'artillerie, dans la direction d' Avranches, se sont embourbés dans les marais du Grand Yey près

1. Rappelons que Louis XI avait confirmé les privilèges judiciaires de l'Université de Caen en mars 1465, et que plus tard il fut très favorable à l'extension de ses autres privilèges (Archives départementales du Calvados, D 30 et 65).

2. Le 29 novembre, Odet d'Aj^die nomma portier du château de Caea un de ses compatriotes, le gascon Sarrausot d'Arralouze (Bibliothèque qrtionale. Pièces originales, vol. 155, dossier 3216, no 13).

3. Le 3 novembre, François II a signé une alliance avec le comte Amédée de Savoie, Yolande, et Philippe de Savoie, comte de Bresse, (( envers et contre tous ceulx qui luy détiennent et occupent ses droiz, terres et seigneuries», et pour recouvrer les dites terres, en exceptant toutefois de ces adversaires le pape, les rois de Castille, de Danemark et d'Ecosse, Charles de France, les ducs de Bourgogne et de Calabre (Archives départementales de la Loire- Inférieure, B 5, fo 137 vo).

4. Archives communales de Poitiers, C 16, liasse 6 ; Pièce justificative no LUI.

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