PLAN DE CAMPAGNE DE LOUIS XI
vasion de la Bretagne K Louis XI, qui comptait aller passer l'hiver à Tours, écrit aux échevins de cette ville que l'attaque des Bretons et la prise d'Alençon l'obligent à modifier ses projets 2. Menacé à la fois en Poitou ^ et en Normandie, il fait mobiliser les nobles et francs archers de l'Anjou et du Maine, encourage les habitants des frontières bretonnes à s'exercer au maniement des armes *, et envoie le maréchal de Lohéac s'opposer à la marche en avant de Lescun, qui a été mis à la tête des troupes bretonnes ^\ Bientôt Falaise tombe aux mains de Gaston du Lyon, Bayeux se rend ^\ et le 2 janvier voici Alen-
1. Afin d'encourager les habitants du pays frontière à se préparer à la lutte, Louis XI accorde l'exemption du guet et de la taille aux bourgeois qui ont été proclamés rois des archers et des arbalétriers pour leur adresse au tir, par exemple à Laval (Archives nationales, JJ 201, f «^ 2 ; publ. dans les Ordonnances des rois de France, t. XVII, p. 75, et dans Jean de Reilhac, t. III, p. 258).
2. Voici l'extrait de la délibération des Tourangeaux: « Le XlX^jour de novembre, en l'ostel de la ville, en la présence du maire furent assemblez maistre Jean Bonnard, Jehan Gaudin, Jehan Ruzé, Jehan Gallocheau et plusieurs autres des habitans de la ville, ausquelz furent présentées les lettres closes du Roy nostre sire, escriptes à Lussay le XVII*^ jour dudit mois de novembre ; par le sieur de Bois Rognes portans créance sur lui ; après la lecture desquelles ledit sieur de Bois Rognes dict et exposa sa créance, c'est assavoir que le Roy l'avoit chargé venir en ceste ville et exposer aux gens de ceste dite ville que le Roy nostre dit seigneur à son partement de Paris, son entencion estoit de s'en tirer tout droit en ee pais et de y faire son yver, mais que nouvelles lui estoient venues que les Bretons entreprenoient sur lui, et que de fait ilz estoient en la ville d'Alençon, par quoy s'en tiroit vers le pays pour résister à leur entreprinse, et que, lui venu au dessus de ses besongnes, il a entencion de user en cedit pais le surpins de ses jours ; item qu'il prioit aux gens de la ville que, s'ils avoient esté bons envers lui et la coronne, que telz ilz voulsissent toujours estre et qu'ilz lui gardent bien la ville ; . . . item que ses aucuns gens de guerre demeurent derrière après leurs compaignies pour piller et rober sur les champs que on les preigne et en soit fait justice (Archives communales de Tours, BB 32, f« 71).
3. Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 5, f*^ 130 v». — Les troupes bretonnes se signalent par leur mauvaise conduite en Poitou, et l'on connait déjà les ravages commis par elles en 14Ô8 à Saint-Gilles-sur-Vie (Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée, t. XIII, p. 243).