‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 256 sur 598 · LA MISSION DE MATHURIN DE FONTBRIANT · texte numérisé non relu

LA MISSION DE MATHURIN DE FONTBRIANT

mandé de ne rien dire de toutes ces choses à la duchesse de Bourbon « la jeune», qui n'eût pas manqué de les répéter aussitôt à son mari. De Moulins, Mathurin deFontbriant devait se rendre chez l'évéque du Puy et lui exposer les mêmes doléances sur la conduite du duc de Bourbon, lui faisant redouter aussi une attaque possible de la part de la Savoie, lui promettant une place au Grand conseil de Charles de France, et lui affirmant qu'il deviendrait, avec l'appui de ce dernier, « le plus grant homme d'église qui soit de là à Bome ». Aucun accord n'était plus possible entre le roi et son frère ; en Bretagne on était convaincu qu'il n'en pouvait être autrement entre le roi et François II ; il était facile d'entrevoir la prochaine arrivée au pouvoir du duc de Normandie, avec le concours du duc de Bourgogne, car « ou les seigneurs le feront roy ou ils mourront à la peine ». Après avoir séjourné quatre jours à Moulins, Mathurin de Fontbriand était parti pour Montpellier, car c'était dans cette ville qu'il devait rencontrer l'évéque du Puy. Celui-ci, malade, refuse d'abord de le recevoir, puis, le religieux insistant en criant à la porte de la chambre où le prélat repose, un valet le repousse et referme violemment la porte ; une autre tentative ultérieure en présence d'un autre valet auquel il remet des lettres dont il est porteur, tout en ayant soin d'en cacher l'origine, est plus favorable au visiteur. Mais cette insistance, un peu maladroite et mal interprétée, a peut-être indisposé l'évéque contre le franciscain, et la méfiance qu'il inspire va le desservir. Les lettres qu'il avait présentées ainsi étaient écrites sur des feuillets cousus dans son livre d'heures, et avec ce que nous appellerions aujourd'hui de l'encre sympathique *, les premières lignes de chaque feuillet contenant des oraisons et le reste paraissant blanc, mais, à mesure que l'on approchait les feuillets du feu, l'écriture apparaissait. Ces révélations entendues, l'évéque du Puy procède à un interrogatoire en règle ^, en présence de plusieurs personnages dévoués au roi et notamment du président au Parlement et du trésorier général de Languedoc ; pressé de questions, le fran-

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