‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 257 sur 598 · En lettre blanche · texte numérisé non relu

En lettre blanche

2. Cahier de papier, de 24 pages (Archives communales de Poitiers, C 16, liasse 6 ; Pièce justificative n» LU).

ciscain n'avoue pas tout, mais va jusqu'à déclarer que, « eut il trois dagues toutes nues » dirigées vers lui pour le faire parler davantage, il ne parlera pas. Ce qu'il a dit suffit du moins à révéler les projets du duc de Normandie et la campagne d'intimidation entreprise contre Louis XI. L'agent secret est brûlé ; sa mission est manquée. Car le roi, immédiatement informé, ne manque pas de prévenir ses fidèles sujets, le 13 février suivant ^ des agissements dont son frère se rend coupable.

Tout de même, François II ne désarme pas, bien au contraire. Il rappelle les nobles qui s'étaient un peu dispersés au moment de l'armistice -, incorpore tous les hommes valides, établit un impôt extraordinaire auquel il soumet tous ceux qui d'ordinaire en sont exempts 2, envoie un valet de chambre de

1 . Lettre jointe à l'interrogatoire, et manquant au recueil Vaesen ; Pièce justificative n» LUI.

2. Archives départementales de la Loire-Inférieure, B 6, f'' 35 : (( Pour ce que nous avons esté advertiz et suymes bien à plain acertenez d'aucunes entreprinses et invasions que aucuns noz malveillans entendent faire, ce que Dieux ne vueille, sur nous, no:: pais et subgectz, à quoy est de necessitement promptement pourveoir et résister, à ce que inconvénient n'en adviengne, nous mandons et commandons expressément à touz et chascuns les nobles, ennobliz et subgez aux armes de nostre pais et duché, de se mettre et tenir en point et appareil d'armes, montez et armez, chascun d'eulx respectivement à l'esgart de ses fiez et richesse et selon les ordonnances sur ce faictes, et estre prestz à voiaiger en armée et pour eulx de leurs personnes avecques leurs chevaulx et habillemens es lieux qui par nous leur sera fait savoir dedans les jours cy après déclarez, sur peine de confiscation et amission perpétuelle de leurs fiez, terres et seigneuries tenues noblement et à foy en fief et riere fief », etc. (24 février 1468). — Le 12 mars suivant, les francs archers du diocèse de Saint-Brieuc, qui avaient quitté sans congé régulier les garnisons de Normandie pour rentrer dans leurs foyers, sont l'objet d'une enquête et seront passibles d'une punition exemplaire (Idem, î° 47). — Le 22 février, les francs archers chargés de la garde de la place d'Avranches sont menacés de confiscation corps et biens s'ils abandonnent leur poste (Idem, f« 32).

3. Idem, B 6, P 18 v» : « Pour satisfaire au paiement des gens de guerre qui à présent sont à nostre soulday et subvenir aux autres grans charges que nous avons de présent à porter pour le bien, deffense et seurté de nous, noz pais et subgetz, et supporter les charges que pourront avoir à celle cause noz subgiez contributifz à foaiges et tailles, nous soit de nécessité exiger grant somme de finances par prest de noz subgez exemps de foaiges et tailles, tant juges, avocaz, clercs, notaires et autres gens de pratique, soient de court d'église ou séculiers, monnoiers ennobliz et exemptez et autres quelxconques exemps desdits foaiges et tailles quelconques ne servant pas de leurs personnes en armes à nostre guerre, et aussi des gros marchans de nostre pais, etc. (8 février 1468).

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