Cf. Archives municipales de Rodez (Cité), BB
Puy, Brioude, Montferrand, Mende, Milhau, Cahors, Tulle, Périgueux *, Agen-, Saint-Pourçain, Issoudun.
Le premier jour, le chancelier se leva, alla s'agenouiller devant le roi, reprit sa place et prononça une harangue où il s'efforça de louer les hauts faits des prédécesseurs de Louis régnant, la loyauté des trois Etats du royaume envers eux, les services qu'ils ont rendus à la royauté en présence de l'ennemi, la volonté du roi d'augmenter le prestige de la couronne ; il rappela les divisions qui ont régné en France depuis trois ans, exposa le danger qu'il y avait à voir la Normandie séparée du royaume, et déclara que les Etats étaient juges d'émettre des avis sur les propositions qui allaient leur être soumises, le roi désirant s'entourer de leurs conseils. Puis les délibérations commencèrent et, le roi s'étant retiré, se poursuivirent plusieurs jours durant. Quand les débats furent terminés, tous les assistants, votant, se mirent d'accord pour répondre aux questions posées, et voici quelles furent leurs décisions :
1°) Les gens des Etats réunis à Tours remercient le roi de les avoir convoqués, l'assurent de leur fidélité inébranlable et demandent à continuer à demeurer en ses bonnes grâces.
2'') Ils reconnaissent que les actions royales ont été de tout temps inspirées par la loyauté et le désir de travailler à l'honneur de la couronne, à la défense de la foi et au bien de l'Église.
S'') Ils déclarent que le duché de Normandie ne peut ni ne doit être séparé de la couronne en aucune matière, et qu'il convient de s'en tenir au serment solennel qu'a fait le roi lors de son sacre, toute autre méthode offrant de graves inconvénients pour le royaume de France.
4°) Ils émettent l'avis que l'on devra signifier cette nécessité au duc Charles, qui est mal conseillé, et attendent l'heureuse issue des décisions qui seront prises à la réunion de Cambrai au sujet des différends qui divisent le roi et son frère.
1. Le maire de Périgueux, le procureur et Giraut Arnaud furent envoyés à l'assemblée de Tours et restèrent quinze jours absents. Il leur fallut changer les « testarts » anglais pour une monnaie plus courante. Le maire acheta à Tours un habillement complet pour se présenter à la réunion ; mais on lui vola son chapeau dans la Chambra du conseil. (Archives muni-* cipales de Périgueux, CC 90.)