LOUIS XI TRIOMPHE
parce qu'en fin de compte il était opportun d'y consacrer au moins quelques instants ; — on remarquera que le duc de Bretagne est beaucoup plus durement traité que le duc de Bourgogne, puissant feudataire à ménager, et que le ton dont on use à l'égard de ces deux grands vassaux est très différent ; — on observera en outre que Charles de France n'a pas assisté à cette réunion où tous les grands seigneurs du royaume (à l'exception de ses amis) étaient conviés ; on a délibéré en son absence et les absents ont toujours tort; il n'a pu élever une voix protestataire et personne n'a parlé en son nom. Louis XI pouvait se targuer d'avoir obtenu un facile triomphe. Du moins a-t-il réussi à faire croire ^ qu'il avait avec lui le sentiment unanime de la France et qu'il avait imaginé un moyen expédient de se dégager d'une « promesse » imprudente !
On pense bien que les Bretons, pas plus que le duc de Bourgogne d'ailleurs, n'eurent l'intention d'obéir passivement à la sommation que le roi avait eu l'habileté de faire proclamer par ses dociles Etats - ; c'est peut-être à ce moment que Charles de France fait transcrire en plusieurs exemplaires, par son secrétaire j\P Etienne de Villiers, « les lettres et titres du duché de Normandie » ^. 11 compte sur l'aide promise par Charles le Téméraire et qu'il attend par mer. Il importe donc de fournir à la flotte bourguignonne les moyens d'aborder aisément sur les côtes, et de les mettre en état de défense. Un document de 1468 permet de se rendre compte des travaux exécutés et des dépenses payées à cet effet parle receveur général des finances de Normandie ^ Voici l'église du bourg de Ouistreham, qui commande l'embouchure de l'Orne ; on se préoccupe de la fortifier sous le contrôle de Jean Gilain, capitaine des francs archers du bailliage de Caen (avril), puis des carriers reçoivent l'ordre d'abattre les fortifications de cette église afin que les gens du parti