‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 283 sur 598 · Idem, t. I, p · texte numérisé non relu

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4. En attendant, le roi nomme le duc de Bourbon lieutenant général en Normandie avec tous pouvoirs d'occuper les villes et de nommer les officiers de cette province, 2 décembre 1468 (Bibliothèque nationale, Pièces originales, vol. 456, Bourbon, n» 256 ; vidimus du vicomte de Caen, du 5 juillet 1470). Charles de France se trouve ainsi complètement et définitivement dépossédé. Les Etats de la province se réunissent à Rouen le 1'''' janvier (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 1354, Gouel, no2). Les impôts sont augmentés ; la taille imposée aux habitants de l'élection de Caen pour l'année 1469 s'élève à 25980 livres tournois (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 884, dos. 19916, n^ 9 ; cf. ms. français 26091, n® 645). Si l'on veut comparer la situation financière de la Normandie avant et après la Ligue du Bien public, l'on constatera toutefois qu'elle n'est pas sensiblement différente malgré quelques notables augmentations (Idem,, ms. français 20498, ff. 13 et 44).

sa conduite antérieure à l'égard de son frère limitait la confiance que Ton pouvait avoir en sa parole. Commines affirme très nettement que « pour riens ne deliberoit bailler ce qu'il avoit promis », et que, modifiant ses vues, il tentait d'offrir à son frère non plus la Champagne et la Brie, mais la Guyenne à laquelle serait rattaché le gouvernement de La Rochelle ^ Peut-être escomptait-il ainsi une rupture entre ses ennemis, et en cela il devinait juste -. Le duc de Bretagne ne verrait pas sans déplaisir s'éloigner de lui un prince sur lequel il avait pris tant d'ascendant, et il s'ingénia à conserver l'empire qu'il possédait sur ce protégé faible et découragé : il lui fit signer ^, à La Touche près Nantes *, le 9 novembre 1468, un renouvellement du traité antérieur ^ par lequel Charles de France jurait de l'aider à défendre tous ses droits passés et futurs, même sur le Milanais. D'autre part, corrompus par l'or du roi, plusieurs conseillers du duc Charles, et non des moindres, paraissent disposés à le trahir : Gilbert de Chabannes s'engage à servir le roi de préférence à tout autre ^ ; l'astucieux Odet d'Aydie déclare ne plus vouloir suivre le parti du duc de Normandie et ne s'occuper désormais de ses affaires que pour être agréable au roi.

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