Conduite par le connétable de Saint-Pol
6. Dom Plancher, Histoire de Bourgogne, preuves, p. cclx ; Commines, édit. Lenglet-Dufresnoy, t. II, p. 227 ; — Journal de Jean de Roye, «dit. de Mandrot, t. II, pp. 220-223.
Bueil de se joindre à eux, introduisant ainsi les loups dans la bergerie et allant même jusqu'à avouer qu'il ne voulait rien décider contre leur bon plaisir. Les résolutions prises en commun furent les suivantes : Charles de France remercie Charles le Téméraire de son offre de concours et n'en a certes plus besoin, puisqu'il a libéralement obtenu du roi ce qu'il désirait en se rapprochant de lui, n'y a\^ant pu parvenir par d'autres moyens ; il se loue de la franchise et de la libéralité de son frère * ; il s'est trouvé assez longtemps en tête-à-tête avec lui, et, n'ayant jamais entendu parier des mauvaises intentions du duc de Bourgogne, il refuse de prêter l'oreille à des bruits tendancieux ; enfin, ayant accepté du roi l'ordre de Saint-Michel, dont il est fort content, il ne peut raisonnablement accepter en même temps l'ordre de la Toison d'or. Quant au mariage entrevu et à l'alliance offerte, il se contente de paroles vagues et imprécises qui ne le compromettaient pas : les amis de nos amis sont nos amis, et le duc de Bourgogne est du nombre. Il est peu probable que ce dernier ait manifesté beaucoup de satisfaction en apprenant l'insuccès de ses démarches ; ses ambassadeurs eux-mêmes ne reçurent même pas la vaisselle d'argent qu'à l'ordinaire on leur offrait en présent, au moment du départ, les représentants de Louis XI ayant conseillé au duc de Guyenne de s'abstenir d'un pareil cadeau.
Ainsi les deux frères sont parfaitement d'accord, et le duc Charles de Guyenne ira le 23 décembre rejoindre le roi à Tours, « acompagné des nobles de sa duchié en moult grant, belle et noble compaignie » -.
Il restait à ce prince un dernier lien avec la Normandie. Le roi songea à le supprimer. C'était l'anneau ducal qui lui avait été solennellement octroyé, le 1" décembre 1465, dans la cathédrale de Rouen ^ ; la superstition de Louis XI attachait à ce sj^mbole une valeur morale considérable, et la rupture entre duc et duché ne pouvait être amenée que par une cérémonie toute semblable à celle qui l'avait accordé. Or, tandis que l'Echiquier