Idem, p
7. Pendant son séjour à Coulonges-les-Royaux, Louis XI avait distribué de l'argent aux serviteurs et officiers de son frère, auprès desquels il ne perdait aucune occasion de se montrer amène et conciliant ; nous en avons la preuve dans cette quittance, en date du 27 septembre: «Je Loys Toustain, notaire et secrétaire du roy nostre sire, certiffie à tous qu'il appartendra que Martin Chatorru, clerc de maistre Jehan Bourré, conseiller et maistre <ies comptes dudit seigneur, m'a baillié et délivré comptant ce jour d'hui en mes mains la somme de trois cens escus d'or, laquelle ledit maistre Jehan Bourré a prestee au roy nostre dit seigneur pour rembourcer plusieurs personnes de qui icellui seigneur avoit emprunté ladite somme pour bailler aux serviteurs et officiers de monseigneur de Guienne lorsque ledit seigneur -estoit à Coulonges les Reaulx » (Bibliothèque nationale, ms. français 20497,
AUGMENTATION DE l'aPANAGE 273
En outre, le traité antérieur d'Ancenis fut solennellement confirmé K
Mais Louis XI ne songeait nullement à laisser son frère maître de lui-même et de ses destinées. Par son ordre, d'Oriole, Batarnay et Briçonnet restèrent auprès du nouveau duc de Guyenne -, sous prétexte de régler différentes formalités relatives au transfert de l'apanage, mais en réalité pour surveiller de près le prince, tous ses mouvements, ainsi que les allées et venues de messagers dont la fréquence était un sujet permanent d'inquiétude ^. Le duc, sans se douter de ce qui se trame autour de lui *, s'empresse d'informer le roi de l'arrivée d'une importante ambassade bourguignonne ^ à Saint-Jean-d'Angély, le 21 octobre. Dès le lendemain d'ailleurs, d'Oriole, Batarnay et Jean de Bueil surent très exactement la raison de ce voyage, obtinrent du duc les révélations les plus précises sur son objet, €t les transmirent au roi par une lettre détaillée ^, après avoir soumis préalablement au duc le texte, lequel fut entièrement approuvé. Charles le Téméraire tenait à savoir si Charles de France était satisfait de son apanage et s'il avait reçu tout ce qui lui avait été promis, offrant de l'aider à obtenir ce qui lui aurait été refusé ; à annoncer qu'il n'avait personnellement aucune mauvaise intention à l'égard du roi, bien que le bruit en courût ; à offrir la Toison d'or au duc de Guj^enne ; à lui proposer la main de Marie, sa fille, s'il acceptait la Toison d'or ; à resserrer l'alliance déjà conclue entre les deux princes. Naïvement, Charles, avant de répondre, réunit les gens de son Conseil et demanda à d'Oriole, à Batarnay et à Jean de
ft» 85). — Financier très qualifié, Bourré avait l'habitude de ces sortes d'opérations, que le roi avait récompensées par des titres de noblesse (Bricard, ./ean Bourré, p. 95 et passim).