Lettres de Louis XI, édit. Vaesen, t. IV, p
3. « Il remonstra la grant et persévérant amour et dilection que le roy avoit à ses subgietz du paj's de Normendie, comme il vouloit et desiroit justice leur estre faicte et administrée, repparation par effect estre faicte des maulx, torts et excès à eulx advenus ; à quoy par aucun temps et durant les divisions passées n'avoit pu estre bonnement pourveu selon ce qu'il desiroit; qu'aussi le pais et duchié de Normandie, qui par aucun peu de temps avoit esté estrangié et esloingné de la main du roj', avoit esté par luy recouvert, remis et reuny à la couronne ; que pareillement le roj' avoit réduit et rappelle avec luy et en son obéissance monseigneur le duc de Guienne son frère, tellement qu'il s'estoit du tout déporté du droict qu'il pretendoit avoir au duchié de Normendie, et délibéré vivre et demeurer à jamais en l'obéissance vraye et perdurable amour et union du roy. En'remonstrance de ce, en signe aussi qu'il est très content du duchié de Guienne que le roy, à sa très instante prière, lui a baillée pour partage, le duc, sans ennortement quelconque de la part du roy, a envoyé audit roj-^ nostre seigneur l'anel qui lui avoit esté baillié à Rouen en prenant possession du duchié de Normendie, comme son espouse, et à quoy il a renoncié, lequel anel le roy m'a envoie, et mandé et escript que en ce présent eschiquier icelui anel soit publiquement cassé et rompu, comme il est apparu par les lettres d'icelui seigneur que vous venez d'entendre ». (Archives de la Seine-Inférieure, Registre cité.)
très obéissant, avait de lui-même et sans contrainte renvoyé l'anneau, symbole de son union avec le duché, dont la suppression s'imposait. Ainsi fut fait. Une enclume et des marteaux avaient été préparés dans la salle. Livré aux sergents par le président, le fameux anneau fut brisé en deux morceaux * qui furent remis au connétable de Saint-Pol ^ . Avec ce dernier vestige de la puissance éphémère de Charles de France disparaissait le titre de duc de Normandie ^ .
1. D'après Floquet, ouvrage cité, t, I, p. 256 (note), il existe une ancienne gravure qui représente cette cérémonie. Elle est certainement très postérieure à l'événement.
2. En même temps les Etats de Normandie exhalèrent des plaintes très vives sur la situation de la population et contre le régime déchu ; ils se firent l'écho des doléances sur la détresse générale et les exactions commises par les pillards et les bandes armées.
3. Par acte signé à Tours le 18 octobre, Jeau duc d'Alençon prêta serment de fidélité au roi, s'engageant par écrit à communiquer à Louis XI les noms de tous les capitaines chargés de la garde de ses places et châteaux, et promettant de changer ceux qui ne seraient pas agréables à Louis XI ; à son tour, étant à Vic-le-Comte le 16 novembre, Bertrand de La Tour, comte de Boulogne et d'Auvergne, promet fidélité au roi (Bibliothèque nationale, ms. français 15538, ft". 298 et 301).