CHAPITRE VI
Lorsqu'on fut avisé dans le royaume que la paix était définitivement signée entre le roi et son frère ', ce fut un soulagement général, presque une explosion de joie -. Après quatre années de luttes intestines et d'inquiétudes permanentes, le peuple escomptait un peu de tranquillité. Partout, on avait commandé des réjouissances publiques, sonné les cloches, organisé des processions, chanté des Te Deum, allumé des feux de joie ; nous avons recueilli des précisions sur ces manifestations d'allégresse à Abbeville ^, à Laon ^ à Auxerre ^, à Sens^, à Orléans "^, àAmboise^, au Puy ^.
1. Les lettres missives roj^ales, signées à Coiilonges-sur-l'Autize le 14 septembre, avaient été expédiées immédiatement ; elles arrivèrent à Orléans le 18, à Sens le 22.
2. L'ambassadeur milanais en France s'en fait l'écho dans une lettre datée du 9 décembre : « Quanto alla allegreza et consolatione presa per prefata Va Excellentia délia nuova reconciliatione segnata fra sua Maiestà e lo illustrissime signore duca di Ghienna suo fratello, e délie processioni, allegreza e festa facte secondo el costume di là per questa giocasa novella, ne prese
sua Maiestà consolatione grandissima , et che sanza fetto per quatre
anni passati, di poi la partita de suo fratello sua Maiestà eva stata ben tribulata e affannata, ma che al présente per la ritornata sua Dio per sua clementia la haveva cavata de ogni affanne ». (Bibliothèque nationale, ms. italien 1639, fo 254 vo.)
3. Prarond, Abbeville au temps de Charles VII et de Louis XI (Paris,, 1899, in-8), p. 207.