ENQUÊTE CONTRE LES USURPATEURS
prier les bestiaux, ravager les vignes ; leur impopularité était extrême *.
Le 14 janvier, qui était un dimanche, à l'heure où la population se rendit à l'église, Montravel donna lecture publique des lettres de commission qui l'accréditaient ; à la demande des habitants, elles avaient été traduites « en langue du pays ». Il futconvenu que, le lendemain, le délégué ducal se rendrait, accompagné de gens connaissant parfaitement la région, sur les limites des juridictions de Marmande et de Virazeil. Là, les consuls exhibèrent une sentence du sénéchal de Guyenne, en bonne et due forme, de l'année 1317, par laquelle la paroisse de Belpuch -, de bon revenu jadis, avait été partagée entre les habitants de Marmande et le seigneur de Mauvezin, ainsi que les coutumes accordées par les rois d'Angleterre aux habitants de la bastide de Castelnau ^ Le lendemain 15, sur requête de J. de FontpejTe, Montravel, suivi de quatre cents habitants de Marmande, d'un sergent ducal * et de deux notaires, se rendit à la lisière des communes de Mauvezin et d'Escassefort, où se terminait (au dire des anciens) la juridiction de Marmande, et y fit apposer aux lieux les plus apparents les écussons du duc de Guyenne ; puis les consuls de Marmande y tinrent une réunion que l'on pourrait qualifier de contradictoire. Aucune protestation ne s'éleva, si ce n'est celle d'un prêtre anonyme et sans mandat, qui refusa de décliner son nom et de spécifier à quel titre il se présentait.
Le mardi 16, à l'endroit où le pont de la Gupie sert de limite aux différentes juridictions, Montravel rencontra Jean Ferrand, seigneur du lieu, qu'il avait ajourné à comparaître, et qui lui exhiba plusieurs actes de propriété. Aussitôt examinés, ces actes furent reconnus n'avoir aucun rapport avec la question qui devait être élucidée; néanmoins, le délégué ducal,
1. Cette affaire a été racontée déjà par Ph. Tamizey de Larroque, Notice sur la ville de Marmande (1872), pp. 67-70 ; puis par 11. -A. Alis, Notice sur le château, les anciens seigneurs et la paroisse de Mauvezin (1887), pp. 121- 128, et Notice sur Sainte-Bazeille (1892), pp. 115-118, d'après le même -do- «cument que nous analysons.