‹ Charles de France, frère de Louis 11Chapitre 312 sur 598 · INCIDENTS AUX ENVIRONS DE MARMANDE · texte numérisé non relu

INCIDENTS AUX ENVIRONS DE MARMANDE

la vérification des limites; on vit ce seigneur menacer, s'emporter, jurer, '* tribouler ", essayer d'attirer le commissaire dans un guet-apens et de s'en emparer. Mais les assistants faisaient bonne garde. Les pourparlers durèrent plusieurs jours, et avec le même insuccès. Impuissant à faire entendre raison à son adversaire, Montravel fit placer les armes ducales près du bois de Rieutort et ajourna le seigneur de Lauzun à comparaître pour sa justification à la Chambre des comptes, à Bordeaux, le 31 mai.

De nouvelles difficultés attendaient le commissaire, le samedi 20, à l'endroit où il devait se rencontrer avec les consuls de Marcellus *, de Meilhanetde Couthures-sur-Garonne '^, et le procureur du seigneur d'Albret, nommé Georges de Bannes. Son premier soin fut de mettre le duc en possession de la seigneurie de Gaujac '■^ qui devait être unie à celle de Marmande d'après des actes des années 1296 et 1302. Georges de Bannes s'était adjoint le capitaine du château d' Aillas ^ un gentilhomme du pays, et une quantité d'hommes armés de lances, d'arbalètes et de javelots; tous proféraient des menaces et des injures. Malgré cet apparat significatif, Montravel traversa le pont de Gaujac, donna lecture de ses lettres de commission ; puis, connaissant la haine qu'inspiraient aux habitants de Marmande les vassaux du seigneur d'Albret, il n'insista pas, de peur qu'il en résultât quelque irréparable scandale ; il se contenta de saisir verbalement la seigneurie et de la réunir virtuellement au domaine ducal, en défendant aux gens de l'Albret de rien faire à l'encontre, sous peine d'une amende de cent marcs. Georges de Bannes ayant fait opposition fut, comme les précédents, ajourné à Bordeaux pour le 31 mai. Et, sur ce, Montravel et ses acolytes rentrèrent à Marmande.

De Bordeaux, le 6 août suivant, Charles de Guyenne fit savoir à ses commissaires que les seigneurs de Mauvezin et de Lauzun avaient obtenu de sa chancellerie des lettres subrepticesqui les remettaient en possession des terres dont ils avaient

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