LES JUGERIES DE RIVIÈRE ET DE VERDUN
:26, une vingtaine de bourgeois de Marmande, protestataires, donnèrent au maitre d'école de la ville mission de les représenter.
Nous ne connaissons pas la suite des incidents qui marquèrent cette réintégration poursuivie avec tant de zèle par le délégué des commissaires de Charles de France. Ce que nous savons par ce procès-verbal suffit à nous démontrer avec quelle attention soutenue le nouveau duc de Guyenne prétendait rentrer en possession de ce qui lui appartenait régulièrement, ^t ne rien négliger pour affirmer ses droits.
De même Charles de France s'est préoccupé sans tarder de prendre possession, non seulement du duché de Guyenne proprement dit, mais des jugeries de Rivière et de Verdun ^ , et d'autres terres annexées à la Guyenne pour la formation de son apanage à partir du 1"" octobre 1469.
En vertu des pouvoirs quiont été conférés au sénéchal Robert de Balsac, les commissaires délégués pour la démarcation se sont
1. Les jugeries de Rivière et de Verdun avaient jusque là fait partie de la sénéchaussée de Toulouse et soumises à la juridiction de ce sénéchal ; elles bordaient les comtés d'Astarac, de Pardiac et de Bigorre.
C'est le 10 novembre 1469 que le roi fit expédier les lettres patentes relatives à l'annexion de ces jugeries, ainsi que de la seigneurie de Mauîéon de Soûle, à son apanage (Bibliothèque nationale, nouv. acquis^»* françaises 7973, f'^ 37). — Un document précis, qui date de cette même fin d'année 1469, fixe les lieux réservés au roi dans la jugerie de Rivière, au diocèse de Comminges, entre Saint-Gaudens et le Pont-du-Roi (près de Saint-Bertrand •de Comminges et de Bagnères-de-Luchon) : ce sont Valentine-sur-Garonne Iprès de Saint-Gaudens), Pointis-de-Rivière, Huos (près de Montréjeaui, Saint-Pé-d'Ardet (près de Saint-Bertrand- de-Comminges), Cier-de-Rivière, Martres-de-Rivière, Melles, Argut, Saint-Béat, R.ieux (sur la rive droite de la Garonne), Alan (au nord de Saint-Martory, sur la rive gauche, en pariage avec l'évêque de Comminges), Sepx et Arnaud-Guilhem, sur la rive gauche , à l'abbé de Bonnefons), Montsaunès, Mazères (près de Salies-surle-Salat), Laffîtau (près de Saint-Gaudens, au prieur de Saint-Jean de Toulouse), Saint-Bcrtrand-de-Comminges, Saint-Frajou, Cazeneuve, Fabas, Rieumes (près de Muret, en pariage avec le comte de Comminges) ; cf. Bibliothèque nationale, ms français 20491, fo 9. — Le 12 janvier 1471, Charles de Guyenne signera des lettres par lesquelles Jean, sire de Barbazan et de Faudoas, est maintenu dans la possession des terres de Castera et de Pradelle en la jugerie de Rivière (Bibliothèque nationale. Pièces originales, vol. 187, doss. 456, p. 42 ; publ. par A. Ledru et G. Vallée, La maison de Faudoas, t. II, 1907, p. 158). — Sur les difficultés qui naquirent entre le duc et l'évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges, voir ci-dessous, p. 297.
transportés dans différentes localités pour assurer l'autorité du nouveau maître sur ces territoires un peu lointains.
Le procès-verbal de ses opérations ^ nous montre d'abord Balsac à Marciac -, principal lieu de la jugerie de Rivière, où il arrive le 26 octobre 1469; il y reçoit et interroge les capitaines de Montoussé 3 et des autres places fortes du pays ; il s'entretient avec les consuls des bailles de la jugerie de Rivière situées « par dessus » la rivière de Garonne, qui comparaissent devant lui le 27, ainsi que l'abbé de la Case-Dieu et Guillaume Du Vergier, substitut du procureur du roi en ladite jugerie. Seul fait défaut le lieutenant chargé de la garde du château de Montoussé, Mourton de Salies. L'abbé de la Case-Dieu * déclare qu'il possède des privilèges et qu'il tient la ville de Marciac en pariage avec le roi : il lui est répondu que le pariage conti^ nuera avec le duc, qui s'engage à respecter ses droits, et que, pour les privilèges l'abbé devra aller les présenter au duc qui ne pourra moins faire que de les confirmer et les renouveler. Robert de Balsac s'efforça ensuite de préciser si les terres et seigneuries de Marciac, Beaumarchés ^, Miélan ♦^, Sainte-Dode "^j Theux 8, Boulogne ''^, Saint-Mont *^, Sainte-Foy *S Saint Lys ^-, Galan ^^, Montoussé, Estarvielle ^*, Montréjeau ^^, Tail-
1. Bibliothèque nationale, ms. français 20415, n*^ 84, — Il est authentiqué par J. Le Boulenger. — Cf. Archives nationales, K 1163, n» 22.