H. Courteault, Gaston comte de Foix, pp
5. Pour tout ceci, nous ne pouvons que recommander la lecture de l'étude très complète deCh. Samaran, La maison d'Armagnac au XV^ sièc/c (1908), ^hap. V.
du Bien public, épouser contre le gré du roi la fille du comte de Foix, pactiser peut-être avec les Anglais * ; d'où l'expédition d'Antoine de Ghabannes, la prise de l'Isle- Jourdain et de Lectoure, la fuite du comte à Fontarabie (juin-octobre 1469), et finalement sa condamnation par contumace à la confiscation de corps et de biens pour crime de haute trahison et de lèse-majesté (7 septembre 1470). D'après l'interpoîateur du Journal de Jean de Roye 2, Louis XI avait d'avance promis à son frère les terres du comte d'Armagnac, à l'entrevue de Coulonges-sur-l'Autize; il pensait sans doute pouvoir delà sorte détacher son frère de l'alliance de Jean d'Armagnac, peu satisfait de voir son ami s'enrichir de ses propres dépouilles. C'est ainsi que l'apanage de Guyenne se trouva augmenté d'une notable partie de la Gascogne, notamment de l'Armagnac et du Fezensaguet, et de quelques terres qui faisaient partie de rAgenais,du Quercy ou du Périgord ^. Le sénéchal d'Armagnac, Bernard de Rivière, fut des-
' 1. Samaran paraît s'inscrire en faux contre ces intrigues avec l'Angle* erre qu'ont signalées les contemporains, et que Charles de France semble admettre dans les lettres du 23 février 1470 par lesquelles il donna à sou chambellan Robert de Balsac la baronnie de Clermont-Soubiran en Agenais, antérieurement acquise par Jean d'Armagnac et à lui retirée, dit-il, «à cause de sa conduite avec les Anglais ». (Bibliothèque nationale, ms. français 16837, fo 83) — On pourrait peut-être tirer une autre conclusion des lettres du même prince relatives à Figeac (Bibliothèque nationale, coll. Doat, vol. 125, f" 172).
2. Édit. B. de Mandrot, t. II, p. 232 : <( Premièrement le Roy donna à Monseigneur de Guienne toute la confiscation des terres dudit comte d'Armignac estans es terres de Monseigneur de Guienne, tant deçà la rivière de Garonne que delà, selon le partage et limites arresté de tous poins audit lieu de Coulonges. Item, pour ce queleRoyavoit retenu l'ommaige d'Armignac,quiest delà la Garonne et ou milieu des terres de Monseigneur de Guienne, le Roy la donne nommément audit Monseigneur de Guienne. Item, pour ce que le pays d'Aure est à ung bout et ne se fust par avanture trouvé es terres et limites de Monseigneur de Guienne, le Roy lui a semblablement donné )).
3. Charles de France ne fut pas pleinement satisfait, comme il résulte de l'extrait suivant : «Maistre Loys de Sallignac a apporté lettres de mondit seigneur de Guienne et dit que, es lettres du don que le Roy luy a fait des terres d'Armaignac, y a faulte, et qu'elles ne sont pas consonans selon son appanage ; et la cause qu'il dit est pour ce que lesdittes lettres portent que le Roy quitte les hommes et subjectz des dittes terres des hommages, seremens et devoirs qu'ilz doyvent à Monseigneur d'Armaignac à cause des teneures qu'ilz ont soubz les dittes terres en les faisant à mondit seigneur de Guyenne, réservé surtout l'obéissance et subjection qu'ilz doivent au Roy à cause de la souveraineté de sa couronne. Sur quoy luy a esté respondu que lesdittes portent que mondit seigneur joysse des dittes terres ainsi et par la forme et
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titué et remplacé * par Claude de Montfaucon ^. Le duc réunit à Saint-Sever les Etats d'Armagnac pour leur signifier le changement de maître -^ De nouveaux officiers furent nommés dans ces nouveaux domaines *. Les privilèges de la ville de Vic-Fezensac furent confirmés par les commissaires du duc de Guyenne^. L'ancien trésorier du comte d'Armagnac, Arnault de La Faurie ^, précédemment autorisé à rebâtir à grands frais des moulins à blé et à draps, appartenant au comte et situés surl'Adour, à Maubourguet^, avait dû emprunter une forte somme d'argent pour parer à cette dépense, et en échange s'était fait attribuer pour une assez longue période de temps les revenus de ces moulins : puis, se trouvant dessaisi par l'effet de la confiscation de biens prononcée contre le comte, il vit les moulins affermés à d'autres par les officiers du duc de Guyenne, au mépris de son droit, et adressa à ce prince une réclamation^ qui provoqua une enquête (10 octobre 1470). Sans doute fut-il dédommagé des pertes que de ce chef il avait subies.
Nous noterons enfin, — sans en tirer aucune conclusion, — une requête de l'un des fidèles de Charles de France (Jean de
es semblables droiz et prérogatives que des autres terres et seigneuries de son appanage ; par quoy les dittes lettres sont selon la vérité du don fait et si amples que plus ne pevent; mais, se les hommes de Monseigneur d'Armaignac tiennent des autres terres du Roy, l'on n'entend pas que le Roy les en quitte ; et aussi n'est pas entendu qu'il les quitte de l'obéissance et subgection qu'ilz doyvent à la couronne ; et, se le plaisir du R03' est, l'on pourroit dire que mais qu'ilz (sic) raonstrent les lettres, s'il y a quelque chose qui soit autrement que selon la forme du don que le Roy en a fait, l'on les mettra en forme deue et raisonnable ».
1. Archives nationales, F 554 1 , n» 155 ; et minutes d'Odon du Faur, notaire à Vic-Fezensac (Gers).
2. Cf. Branet, Les sénéchaux de Fezensac et d'Armagnac (Auch, 1900, in-8), p. 10.
3. Comptes de Riscle, publ, par P. Parfouru, t. I (Auch, 1890, in-8), p. 250.
4. Bibliothèque nationale, ms. français 29026, doss. 56864, n^ 9.
5. Archives nationales, E 2140 (mention dans un arrêt du Conseil d'Etat du 7 avril 1734).